Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une explosion se produit à 14h15 dans la tour d’exploitation d’un silo d’une malterie lors de travaux de réfection des dalles et d’aménagement du système de dépoussiérage, réalisés par 3 entreprises sous-traitantes. Le taux de remplissage des cellules est de 12 000 t pour une capacité théorique de 15 000 t. Une 2ème explosion plus puissante quelques secondes plus tard provoque l’effondrement de la tour et de 8 des 14 cellules d’orge et de malt. Des flammes apparaissent à différents endroits du silo. Ensevelis sous les décombres, 12 salariés, personnel de l’entreprise et sous-traitants, chauffeurs de poids-lourds sont tués. Trois personnes sont blessées dont l’une gravement. D’importants moyens de secours sont mobilisés dans l’espoir de dégager des survivants (600 personnes dont des équipes cynophiles, 2 grues de 150 et 300 t…). L’instabilité des structures résiduelles et l’énorme amas de blocs de béton et matériels divers recouverts de grains rendent l’intervention très difficile. La dernière victime est dégagée 5 jours plus tard. Une combustion des grains dure plusieurs jours en partie supérieure des cellules restées en place. Les dommages matériels, circonscrits au silo et à son environnement sur une distance approximativement égale à la hauteur des installations, sont évalués à 70 MF (valeur 1982). Les déchets d’orge et de malt mis en décharge dans une ancienne gravière pollueront pendant 2 ans la nappe alluviale de la MOSELLE dans une zone de captage.

La cause et le déroulement exacts des explosions n’ont pu être déterminés avec précision. L’hypothèse la plus probable est qu’une 1ére explosion dans la tour provoquée par la conjonction d’une source d’inflammation liée aux travaux (ou à un comportement de fumeur) et d’une atmosphère explosive a entraîné un soulèvement de poussières dans l’installation avec propagation d’une 2éme explosion dans l’ensemble de la tour, puis dans la galerie supérieure et les espaces intercellulaires provoquant les effondrements constatés (cellules “extérieures”, tour de travail). L’enquête révèlera également l’important empoussièrement du site, des équipements techniques insuffisants (système de dépoussiérage compliqué et inadapté en terme d’efficacité, absence d’évents…), des défaillances organisationnelles (pas de note de service relative à la sécurité dans l’établissement, aucune consigne écrite pour les travaux, pas de procédure de permis de feu…) et une sous-estimation des risques d’incendie et d’explosion par l’ensemble du personnel.

Une instruction technique relative aux silos de stockage de céréales, graines, produits alimentaires et tous autres produits organiques dégageant des poussières inflammables en date du 11 août 1983 est publiée au journal officiel. Dans son jugement du 15 juillet 1991, le tribunal de grande instance de METZ condamne le directeur de la malterie à 6 mois de prison avec sursis et 20 000 francs d’amende pour homicides et blessures involontaires.

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