Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans la nuit du dimanche au lundi, un feu se déclare à 3h05 dans l’un des 4 bâtiments contigus (A/B/C/D) d’un site SEVESO formulant des produits agropharmaceutiques (poudres, granulés) et stockant des produits finis solides et liquides. Les installations sont à l’arrêt lors des faits. Moins d’1 h après sa ronde, le gardien donne l’alerte après confirmation d’un incendie dans la zone D1. Le cadre d’astreinte et le directeur rejoignent l’usine. A leur arrivée à 3h27, les pompiers constatent que 3 des bâtiments sont en feu. Les utilités sont coupées, le POI est déclenché, puis le PPI à 4h22. Un périmètre de confinement de 400 m est mis en place autour du site. Un silo de farine et des structures légères sont protégés par arrosage. Les eaux d’extinction (500 m³/h) sont récupérées dans une rétention en partie basse du site par actionnement de ballons gonflables. A la suite d’une défaillance de la pompe de reprise, elles sont pompées et évacuées pour partie par camions d’une société spécialisée ou transférées vers un bassin étanche (10 000 m³) prévu à cet effet après mise en place d’une pompe de secours mobile. Une centaine de pompiers maîtrise le sinistre en fin de matinée; 5 seront blessés ou incommodés (brûlures, nausées) lors de l’intervention. Les 4 bâtiments (7 500 m²) et un stock de 1 700 t de phytosanitaires sont détruits. Les dommages matériels et la perte d’exploitation s’élèvent à 40 Meuros. Une odeur âcre est perceptible à plusieurs dizaines de kilomètres, 3 000 personnes sont invitées à se confiner à leur domicile ou sur leur lieu de travail. Les fumées incommodent des habitants et personnels des entreprises de la ZI. L’analyse de ces fumées révèle la présence de composés soufrés (H2S, CS2, SO2) et d’HCN. Bien que des concentrations de CS2 dépassent le seuil de toxicité (VME 10 ppm) au-dessus du foyer, aucun dépassement n’est noté pour les différents polluants en limite du site. Plusieurs entreprises de la zone ont dû suspendre leurs activités le jour du sinistre. La lente combustion des produits chimiques se poursuit sous la surveillance des pompiers avec émission de fumerolles plusieurs jours durant. Une station de mesures mobile située sous le vent à 200 m du site, doit suivre notamment la concentration dans l’air des produits soufrés. La cause de l’incendie étant inconnue, une enquête judiciaire est effectuée et la compagnie d’assurance mandate des experts. L’arrêté préfectoral du 29/06 suspend le fonctionnement du site et conditionne le redémarrage des équipements non incendiés à la totale remise en service des équipements de sécurité.

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