Pollution
Humain
Environnement
Economique

La rupture du barrage de MALPASSET, barrage voûte à paroi mince d’une hauteur de 60 m, fait 423 victimes et 7 000 sinistrés. Après plusieurs jours de pluies torrentielles, le barrage situé sur le Reyran, au nord de Fréjus, se rompt à 21h11 lors de son premier remplissage (phase critique de la vie d’un barrage). Une lame de 50 millions de mètres cubes d’eau s’engouffre dans la vallée du Reyran, dévastant tout sur son passage. La ville de Fréjus est submergée en quelques minutes par une vague d’eau et de boue 21 minutes plus tard.

Les conséquences sont dramatiques. Fréjus se trouve isolée et désorganisée ; routes, téléphone, électricité, eau sont coupés pendant plusieurs jours. La Nationale 7 et la voie ferrée sont emportées sur plusieurs centaines de mètres. La vallée du Reyran est « décapée » sur 5 km ; des habitations, fermes et terres agricoles sont détruites. Une couche de boue de 50 cm d’épaisseur recouvre les quartiers du Reyran, du Pavadou, de la Gare et des Arènes.

Face à la catastrophe et malgré la confusion due à l’absence de moyens de communication, les secours et l’entraide s’organisent sous la direction de la mairie.

Les travaux de rétablissement des réseaux (communications, eau, électricité…) ainsi que des voies de communication sont entrepris. Les circulations routière et ferroviaire seront rétablies le 10 décembre. La ville mettra des mois à retrouver un « visage normal ». Des logements provisoires en préfabriqué sont installés dans la ville pour reloger les sinistrés.

Entre l’aide de l’Etat et les dons de particuliers suite à la catastrophe, la Mairie de Fréjus à redistribué plus de 100 M de Francs pour les sinistrés et pour la reconstruction.

La rupture est engendrée par un effet de sous-pressions dû à la présence d’une faille couplé à un phénomène rhéologique de mécanique des roches (variation de la perméabilité en fonction de la contrainte) inconnus à l’époque de la construction du barrage. Aucune faute n’a été établie envers les constructeurs par les différentes juridictions.

La bonne qualité de la voûte et du béton ont été reconnues ; la catastrophe est imputable aux déficiences des fondations de l’ouvrage. Ce point souligne l’importance de la géologie, de l’orientation des failles du sous-sol et du régime des eaux souterraines dans l’implantation d’un barrage, mais surtout des études permettant d’identifier les problèmes potentiels en amont afin d’y apporter une réponse lors de la construction. A ce titre, les moyens financiers suffisants doivent être réunis pour réaliser une telle construction « en sécurité ».

Un « Comité technique permanent des Barrages » a été créé pour étudier les projets et contrôler l’exécution de tout ouvrage de plus de 20 m de haut.

De nouvelles ressources en eau sont cherchées et le Reyran est canalisé.

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