Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 22h39, un glissement de terrain d’une partie du mont Toc déverse 260 millions de mètres cubes de terre et de roche à plus de 90 km/h dans le réservoir plein du barrage du Vajont. L’éboulement comble quasi instantanément le lac de retenue. Deux vagues de 25 millions de m3 d’eau chacune se propagent en aval et en amont du lac. L’eau franchit alors la crête du barrage, formant une vague de plus de 150 mètres de haut qui s’engouffre dans la gorge en direction de Longarone.
L’avancée de la masse d’eau dans la vallée très étroite provoque des phénomènes de grande violence : l’air propulsé brutalement par l’eau, forme une onde de pression qui commence à faire des ravages dans la ville, puis l’eau charriant de nombreux débris provoque les destructions. La masse d’eau engloutit les villes de Longarone, Pirago, Rivalta, Villanova et Faè ainsi que de nombreux petits villages environnants. Selon les estimations, entre 1 900 et 2 100 personnes sont tuées. Le barrage voute en béton armé double courbure, haut de 261 m, n’est presque pas endommagé, seules les installations annexes (salle de contrôle, équipements…) sont détruites.
Grâce aux études géologiques et aux essais sur maquettes réalisés suite à un éboulement partiel survenu en novembre 1960, les causes sont relativement bien cernées. Elles résultent de la conjonction de plusieurs facteurs défavorables confirmés par les investigations post-accident :
– une configuration géologique complexe du site avec une particularité du versant septentrional du mont Toc présentant notamment une surface de glissement en forme de « chaise » selon un plan de litage courbé,
– les variations de niveau du lac de retenue,
– la pluviosité. Les fortes pluies de la semaine précédant l’accident auraient alourdi le terrain et partiellement lubrifié le plan de glissement.
L’un des responsables du désastre se suicidera. Pour la plupart, les autres responsables politiques et techniques ont été absous faute de preuves, en dehors de l’ingénieur en chef du projet, condamné à 5 ans de prison en 1977 et ayant bénéficié d’une mesure de grâce au bout d’un an.

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