Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de chimie fine employant 70 personnes, un réacteur émaillé de 1 500 l monte en pression et explose lors de l’oxydation de 200 kg de dichloro-dicyano-hydroquinone (DDHQ) en dichloro-dicyano-quinone (DDQ) par de l’acide nitrique et de l’oxygène en milieu solvant (dichlorométhane). Cette réaction est mise en oeuvre sur le site depuis de nombreuses années sans incident connu. L’explosion, audible à plusieurs kilomètres à la ronde, a lieu lors de la 2ème introduction d’oxygène dans le réacteur en phase d’oxydation. Les pompiers et la gendarmerie interviennent rapidement, 2 employés sont hospitalisés : le 1er choqué par l’explosion reprend son poste 2 h plus tard, le 2ème souffrant de brûlures légères, d’une irritation des yeux et d’un traumatisme léger aux tympans regagnera son domicile après être resté une nuit en observation. La rupture du disque de sécurité du réacteur a permis de limiter les effets de l’explosion à un périmètre de quelques mètres autour du réacteur : toit et bardages latéraux du bâtiment de fabrication déformés, projection des tuyauteries en plastique (PVDF) et des brides situées en aval du disque. Selon la presse, un débris dont la masse était voisine du kg (raccord avec 4 boulons) aurait ainsi été retrouvé chez un riverain à 70 m du lieu de l’explosion. Le lot en cours de fabrication est détruit. La production est arrêtée et l’installation est mise en sécurité dans l’attente des conclusions de l’enquête technique effectuée pour déterminer l’origine et les circonstances exactes de l’explosion. Celle-ci montrera que la déflagration n’a concerné que la phase gazeuse du milieu réactionnel mais n’identifiera pas formellement le phénomène initiateur de l’explosion. L’hypothèse la plus probable est celle d’une auto détonation, dans un recoin du réacteur créé par une tubulure, du mélange dichlorométhane / hydrogène (résultant d’une corrosion acide d’une surface métallique non protégée) enrichi en oxygène du fait des multiples dégazages. Un point de corrosion a été observé en haut de l’axe d’agitation. Ce défaut sur le revêtement émaillé résulterait d’un choc lors de la remise en place de l’agitateur après contrôle. D’autre part, si les disque et soupapes de rupture ont joué leur rôle, ils n’étaient pas dimensionnés pour une telle déflagration, tout comme les tuyauteries de transfert vers le crash-tank.

Télécharger la fiche détaillée au format .pdf (176 Ko)