Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une explosion et un incendie se produisent à 3h20 dans une unité de fabrication d’additifs pour lubrifiants d’une usine chimique SEVESO située dans une ZI portuaire. L’unité, en arrêt technique depuis 3 j, semble vide de tout additif au moment des faits. Le POI de l’établissement est déclenché. Les pompiers internes maîtrisent le sinistre avant l’arrivée des secours externes. La situation est sous contrôle à 4h30 et le POI est levé à 8h15. L’explosion est due à un défaut de consignation liée à la présence simultanée d’un combustible, d’un comburant et d’une source de chaleur : il restait 200 kg de produit à base d’huiles minérales enrichies issu de la dernière fabrication dans le cône de vidange du réacteur d’estérification. La décomposition possible de l’huile, voire la synthèse de peroxydes à plus de 150°C pendant plusieurs heures sont envisagées : des essais sont menés par une entreprise tierce. De l’oxygène était présent dans le réacteur suite à la ventilation des équipements par le personnel pour une intervention sur le réacteur de la ligne parallèle. Enfin, le circuit de chauffage commun aux réacteurs de ces 2 lignes avait été mis en route pour des essais de chaudière, sans que le réacteur à l’arrêt ne soit by-passé. Le bac vide a donc été chauffé pendant plus de 24 h : la température intérieure a atteint 150 °C pendant plusieurs heures et 200°C pendant 2 h. Les paramètres du réacteur (T, P et niveau) étaient reportés en salle de contrôle, mais lors de l’accident, l’unité étant en arrêt, personne ne les a surveillés. Les dommages matériels ne concernent que l’unité de production (6,5 M.euro), les stockages associés ont été épargnés. Néanmoins, les activités des autres unités du site sont stoppées et reprendront après autorisation préfectorale (pertes d’exploitation estimées à 4,5 M.euro). Aucune pollution atmosphérique ou de l’eau n’est détectée ; la qualité de l’eau d’un canal proche est vérifiée toutes les 30 min. Les barrières d’un pont voisin sont abaissées par erreur 4 h après l’accident et le restent 30 min. Les administrations, communes et médias locaux, ainsi que les industriels de la zone sont informés par communiqués. Les mesures correctives prises sont la mise en place d’un système de régulation du chauffage avec alarme à 210°C et arrêt automatique lorsque l’agitation est stoppée, l’augmentation des fréquences de mesure des paramètres, la révision des procédures de chauffage, le suivi des paramètres en salle de contrôle même lors d’arrêt.

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