Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de matières plastiques, vers 22h40, au cours d’une réaction de copolymérisation styrène/acrylonitrile, l’opérateur en salle de contrôle détecte une montée anormale de température à 125 °C sur l’un des réacteurs de 75 m³. L’écran de visualisation de la salle de contrôle confirme la demande de refroidissement. Un opérateur se rend alors au niveau de l’aéroréfrigérant pour visualiser le niveau d’eau du bassin et constate que le niveau très bas est atteint : l’appoint en eau industrielle ne se fait plus.
Ce dernier ne parvient pas à réamorcer les pompes de refroidissement. L’opérateur en salle de contrôle déclenche la procédure d’urgence prévue en cas d’emballement du réacteur : 3 charges d’eau froide d’un volume unitaire de 2 m³ sont introduites dans le réacteur pour ramener la température à 121 °C maximum. La procédure s’avère inefficace, chaque charge ne faisant chuter la température que de 0,7 °C, le volume du réacteur ne permettant pas d’ajout supplémentaire. Comme le prévoit la procédure d’urgence, un inhibiteur de réaction est alors introduit pour éviter la prise en masse du produit avant vidange du réacteur dans le dispositif “vide-vite” placé sous ce dernier, soit 65 t de mélange styrène-acrylonitrile. Au moment de la vidange, les limites du procédé étaient atteintes (température de 140 °C, pression de 5,2 bar). L’emballement thermique est dû à un manque d’eau dans le circuit jaquette lié à un niveau bas dans le bassin de réception des eaux associé à l’aéro-réfrigérant atmosphérique. L’exploitant inspecte le bassin et constate l’encrassement des 2 sondes à lames vibrantes. La défaillance de la sonde de niveau “bas” n’a pas permis de déclencher l’ouverture automatique de la vanne d’appoint en eau du bassin. Quant à la sonde de niveau “très bas”, son encrassement est tel que l’alarme en salle de contrôle ne s’est pas déclenchée. L’autorisation de démarrage du cycle de fabrication n’a donc pas été bloquée pendant les tests préalables réalisés sur le réacteur. Dans un premier temps, le réacteur en cause est consigné puis l’exploitant nettoie les sondes de niveau. Une procédure de maintenance est mise en place : l’état des sondes sera vérifié lors de chaque opération de nettoyage des réacteurs, soit tous les 15 jours. Un programme de tests des alarmes des sondes de niveaux “bas” et “très bas” sera également effectué avant chaque démarrage de cycle de production. L’exploitant prévoit aussi de mettre en place des sondes de niveau de technologies différentes. L’installation en cause est remise en service le 26 juillet en fin de soirée après avoir subi les programmes de vérification et de tests définis précédemment.

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