Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 22h45, l’épouse de l’ancien propriétaire d’un site de stockage et d’assemblage de feux d’artifices classé Seveso seuil bas se suicide en faisant exploser le contenu d’un local de stockage. Une voisine alerte les pompiers après avoir entendu deux détonations et vu s’échapper de la fumée rouge.

Le corps de la victime est découvert à quelques mètres du bâtiment. La femme aurait provoqué un incendie volontaire avec des produits stockés, ce qui aurait conduit à l’explosion. Le local de 4 m² contenait 6 bombes de 200 mm de diamètre ainsi que 80 marrons d’air de calibre 50 mm pour un total de 14 468,2 g de matière active. Cette quantité présente était conforme au timbrage autorisé (300 kg de produits de division de risque 1.1).

La vidéosurveillance était opérationnelle, mais la caméra avait été occultée à l’aide d’un objet (carton?) à 22h25. À la suite de la première explosion, l’objet a été soufflé et la caméra a de nouveau été opérationnelle : la fin de l’événement a été filmée. Des explosions se sont succèdées pendant moins de 10 secondes, avant l’incendie des éléments inflammables (chevrons, emballages cartons).

La toiture du local (constituée de supports en bois et de plaques de fibrociment) a été soufflée ; sa porte brûlée et un de ses murs fendu. Aucun autre bâtiment n’a été impacté. Les projections de fragments légers (morceaux de bois, cartons) se sont limitées à une quinzaine de mètres autour du local. La position du local impacté, relativement éloignée des limites de site, et la présence de merlons de terre ceinturant le local ont évité des projections hors du site.

Depuis la liquidation judiciaire de l’entreprise fin 2015, l’ancien propriétaire et son épouse habitaient toujours une maison à proximité immédiate du site pyrotechnique. La victime aurait pénétré dans l’enceinte de l’entreprise, via un passage créé par des chiens dans le grillage séparant son terrain d’habitation du site d’exploitation. Elle se serait introduite dans le local en fracturant le bas de sa porte en bois.

La clôture était conforme aux exigences réglementaires en termes de hauteur. Cependant, depuis l’avant-veille, l’alarme anti-intrusion du site était hors-service. Elle devait être réparée le jour de l’accident. Le système, inopérant lors de la reprise du site par le nouvel exploitant, avait été remis en conformité en juin 2016. Un programme de remplacement des barillets des serrures des bâtiments était également en cours.

L’inspection des installations classées demande à l’exploitant de :

  • remettre en service au plus vite l’alarme anti-intrusion ;
  • vérifier et réparer la clôture ;
  • achever le remplacement des barillets de toutes les portes des locaux du site.