Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 6 h au cours de l’inspection de prise de poste, l’équipe de quart montante d’une centrale électrique thermique au fioul située en bord de mer détecte des hydrocarbures dans le canal de rejet d’eaux pluviales et industrielles à l’aval du décanteur. Le chargé d’exploitation ordonne la fermeture immédiate des vannes de la partie aval du canal pour contenir la pollution, ainsi que la vérification de l’ensemble des installations. A 7h30, le chef de quart signale une pollution côtière aux hydrocarbures autour de l’appontement en aval du canal de rejet.

Sur ordre du chargé d’exploitation, le personnel du site redéploie à 7h50 un barrage flottant déjà en place pour le dépotage d’un navire de fioul lourd prévu dans la journée. Dès leur arrivée, les secours bénéficient de l’appui de 2 experts en dépollution de l’exploitant ayant participé la veille à un exercice sur ce site. Des absorbants sont mis en place tout autour de la zone de rejet délimitée par l’embouchure du canal, le barrage flottant et l’enrochement de l’appontement. Une société privée récupère et élimine 70 m³ d’eaux polluées, ainsi que les absorbants souillés.

Dans la matinée du jour de l’accident, l’exploitant diffuse un communiqué de presse et donne des interviews à la radio et la télévision locales.

L’installation de traitement des eaux résiduaires du site comporte de l’amont vers l’aval des bassins décanteurs, des bassins de traitement et un canal de rejet. Une chaîne de défaillances matérielles et humaines a été observée. La pompe de relevage d’un puisard de récupération des égouttures des groupes diesel ne s’est pas arrêtée à son niveau bas, continuant à fonctionner jusqu’à son débrochage par les agents de quart. Une centrifugeuse a également dysfonctionné et rejeté massivement du fioul. Ces deux avaries ont entraîné une arrivée massive d’hydrocarbures dans les bassins décanteurs dont les séparateurs eau / hydrocarbures ont été saturés, laissant s’écouler des polluants vers les bassins de traitement. Ceux-ci comportent 2 dispositifs indépendants : 2 oléofiltres d’une part et 1 aérofloculateur d’autre part. Vers 4 h, au cours d’une ronde de surveillance effectuée toutes les 2 heures et alors que les oléofiltres n’étaient pas en fonctionnement, un employé a constaté que l’aérofloculateur rejetait des hydrocarbures dans le canal de rejet. Il a arrêté la pompe de l’équipement mais, contrairement à ce que prévoit la consigne, a omis de prévenir le chef de bloc, de fermer les vannes entre l’aérofloculateur et le canal de rejet et d’effectuer un inspection visuelle de ce dernier.

Par ailleurs, aucune anomalie n’a été détecté en salle de commande car les 2 cabines de surveillance par mesure en continu des teneurs d’hydrocarbures dans le canal de rejet étaient inopérantes depuis le 15/09 (l’avis de panne était en cours de traitement). Les dysfonctionnements matériels et humains ont enfin été aggravés par d’abondantes précipitations (1 m d’eau en 24 h).

L’exploitant remet en état les équipements défectueux, effectue un audit de l’installation de traitement des eaux industrielles, cure le canal de rejet, analyse ses procédures de surveillance et sensibilise l’ensemble de son personnel. Un exercice associant les services de l’Etat est prévu pour l’année suivante.