Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de fabrication de matelas en latex, un départ de feu se produit au niveau du séchoir. A 21h50, un employé aperçoit des éclairs vers le séchoir et alerte l’opérateur qui constate un départ de feu sur un matelas à l’entrée du séchoir. Il demande l’arrêt de la coulée, prévient le poste de garde, ouvre les vannes de vapeur pour inonder le séchoir et déroule les RIA. La situation étant maîtrisée par le personnel, les pompiers, appelés à 22h25, évacuent les matelas du séchoir. Vers 23h30, le séchoir est vidé, le nettoyage de la zone se poursuit. Les pompiers quittent les lieux à 0h30. Les eaux d’extinction sont canalisées vers le bassin de 200 m³ de l’usine et seront traitées dans l’évapo-concentrateur du site. Seul un moteur électrique est endommagé, ce qui ne remet pas en cause le redémarrage de l’installation. Par précaution, la production ne sera pas redémarrée le week end, le nettoyage du convoyeur est anticipé et les joints anti bavures sur les moules sont changés. L’accident serait dû à un défaut de régulation de la température de vapeur ayant créé une surchauffe au niveau du séchoir : une température > 140 °C sur l’entrée du préséchoir et sa première batterie notifiée vers 20h15, le fait que l’incendie a débuté à l’entrée du séchoir dans les tous premiers mètres et les matelas brunis à coeur, mettent en cause le fonctionnement du préséchoir. De plus, au redémarrage du procédé, la température du préséchoir est élevée (~125 °C), la gaine d’extraction de l’entrée est affaissée. L’exploitant décide d’accélérer le changement du régulateur pilote défectueux, de brider l’arrivée vapeur pour limiter la température et de remettre la gaine d’extraction d’aplomb. Il propose de contrôler tous les semestres la régulation de température du préséchoir, de limiter la vapeur d’alimentation du préséchoir pour ne pas dépasser 117 °C (T auto inflammation = 150 °C), de positionner la sonde de sécurité à l’endroit le plus judicieux et lors du prochain arrêt, de remplacer les gaines d’admission et d’extraction altérées. L’inspection des installations classées demande à l’exploitant si l’alarme de sécurité a fonctionné, si le seuil retenu est compatible avec la cinétique de surchauffe du matelas (délai compatible pour l’intervention du personnel à compter du déclenchement de l’alarme). L’exploitant indique que le klaxon était en panne, qu’aucun contrôle périodique sur la chaîne de détection n’était réalisé. Depuis, l’exploitant a mis en oeuvre un contrôle trimestriel des sondes du préséchoir et a mis en place un dispositif de test de l’alarme visuelle et sonore contrôlé périodiquement. Une consigne de sécurité est mise en place en cas de déclenchement d’une alarme au niveau du préséchoir, du séchoir et du tunnel de poste de cuisson (appel des pompiers et de l’astreinte, arrêt de la coulée de latex, retrait des matelas et contrôle de la mousse). Il est demandé à l’exploitant de rédiger un rapport et centraliser les incidents dans un document spécifique.