Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 17h10, une explosion suivie d’un incendie affecte une unité de désulfuration des gazoles d’une raffinerie. Le POI est déclenché, un périmètre de sécurité est mis en place autour de l’unité et une route départementale est momentanément coupée.

Une équipe d’intervention maîtrise le feu principal en 50 min sans l’appui des moyens de secours externes présents à titre préventif. Le POI est levé à 22h35.

Cette unité était en phase d’arrêt pour le nettoyage programmé d’un aéroréfrigérant avec une mise en recirculation d’un gaz riche en H2. L’accident a pour origine la rupture franche d’une canalisation en acier-carbone calorifugée de 8″ située en hauteur dans un rack et alimentée par un mélange hydrocarbures/hydrogène. L’accident a donné lieu à une explosion dont la surpression a été évaluée par l’exploitant à 60 mbar à 10 m. La fuite étant alimentée, l’incendie a affecté d’autres canalisations ainsi que les soupapes en liaison avec le réseau torche, d’où la persistance de plusieurs foyers secondaires éteints vers 3h30. Les quantités relâchées sont estimées par l’exploitant à moins de 2 t d’hydrocarbures liquides et 50 kg d’hydrogène.

Aucune victime n’est à déplorer. Les conséquences économiques sont évaluées à 500 000 euros de dégâts matériels et 2 millions d’euros de perte de production.

Un arrêté préfectoral de mesures d’urgence demande à l’exploitant des investigations pour déterminer les causes de l’accident et fixe les conditions de remise en service de l’unité impliquée. Cette rupture est due à une corrosion externe localisée au niveau du supportage de canalisation. Sur un tronçon de 45 cm de long sur la demi-circonférence inférieure de ligne, l’épaisseur résiduelle de la canalisation est de 3 mm en moyenne contre 6,5 mm à l’origine et atteint 1,2 mm sur certaines zones. La rupture s’est produite en 2 phases : une rupture initiale et une propagation de l’ouverture du fait de la haute pression des gaz circulant à l’intérieur de la canalisation.

Par la suite, l’exploitant revoit l’évaluation du risque pour les lignes en service gazeux sujettes à corrosion sous calorifuge ou corrosion aux points de supportage pour lesquelles le scénario d’éclatement doit être pris en compte si certaines conditions sont réunies : pression de service supérieure à 25 bar, état gazeux ou mixte dans les conditions de service, diamètre supérieur à 2” et fluide transporté dangereux (H2, C2, C3, H2+H2S). Il s’assure de la bonne mise en oeuvre et du bon état des calorifuges et examine particulièrement les tuyauteries ne reposant pas sur des patins.

L’exploitant diffuse un communiqué de presse.