Pollution
Humain
Environnement
Economique

Les badges de détection de phosgène de 9 intervenants extérieurs se colorent (conc. > 5 ppm) alors que ces derniers effectuent des travaux de maintenance dans l’enceinte de confinement de l’unité phosgène (COCl2) d’une usine chimique. Celle-ci est physiquement ouverte (porte étanche déboulonnée), l’atelier étant à l’arrêt depuis 10 jours pour entretien. L’alerte gaz est déclenchée, l’enceinte est évacuée et le personnel se confine dans les autres ateliers et salles du site.

Les 9 opérateurs sont placés sous oxygène à l’infirmerie puis renvoyés chez eux. Les mesures effectuées par les pompiers et les services de secours internes, 1 h après le déclenchement de l’alerte, ne détectent plus de COCl2. L’alerte gaz et la cellule de crise sont levées. L’exploitant évalue la quantité de gaz toxique émise à quelques dizaines de grammes.

Préalablement à l’ouverture de l’enceinte de confinement, les installations avaient été “déphosgénées”, c’est-à-dire vidangées et lavées au monochlorobenzène (conc. en COCl2 < 50 ppm). Les circuits avaient ensuite été balayés à l'azote (N2), avec traitement des gaz (lavage à la soude) avant rejet en cheminée. Certains appareils, non inspectés durant cet arrêt, étaient restés en pression, dont une colonne (0,6 bars d'azote). Un échangeur avait été déposé, puis sorti de l'enceinte de confinement pour être remplacé ; 3 des circuits déconnectés avaient alors été obturés par des tampons pleins équipés d'une vanne TOR et d'un raccord permettant la connexion de flexibles pour soufflage ou purge.

La fuite de phosgène s’est produite sur l’une de ces vannes probablement ouverte après un choc lors de la manutention de l’échangeur de remplacement en cours de positionnement. La vanne en amont du dispositif de traitement des gaz de l’atelier restée fermée a probablement favorisé la fuite.

Pour permettre la reprise des travaux le lendemain matin, l’exploitant met en place plusieurs mesures : vanne en amont de la cheminée maintenue ouverte, vérification du bon fonctionnement des détecteurs phosgène dans la cheminée et de l’installation “d’arrosage” à l’ammoniac, diminution de la pression d’N2 dans les canalisations, mise en place de câbles métalliques et de bouchons vissés sur les vannes équipant les tampons remplaçant les appareils démontés.