Pollution
Humain
Environnement
Economique

Lors de sa ronde, le gardien d’un dépôt pétrolier constate une fuite proche du trou d’homme du bac 121 contenant 32 000 m³ de pétrole brut de point éclair inférieur à 40°C. Il rédige un rapport d’anomalie matérielle. 10 m³ d’hydrocarbures se répandent sur quelques cm d’épaisseur sur les 150 m² de la cuvette de rétention en terre. Plusieurs points de fuite sont visibles sur toute la périphérie du pied de bac. Le débit de fuite est estimé à 1 m³/h. L’exploitant stoppe les opérations de réception sur tout le site, met en place un canon à mousse (6 000 l/min) à proximité de la cuvette de rétention, arrête les agitateurs du bac, installe 2 détecteurs de vapeur explosive et de sulfure d’hydrogène puis vidange le bac à un débit de 1 000 m³/h vers la raffinerie et un autre bac du dépôt ce qui réduit le débit de fuite à 200-300 l/h. Une réserve d’émulseur est acheminée de la raffinerie ; 2 agents du service de sécurité de cette dernière surveillent l’évolution de la fuite. Des mesures atmosphériques sont réalisées toutes les heures. Les analyses piézométriques réalisées dans la nappe phréatique (plus de 10 m de profondeur) sont négatives mais les 2 points de mesures s’avèrent inappropriés car asséchés. Un géomètre contrôle la stabilité du bac. Une entreprise extérieure met en place les béquilles du toit flottant (mais ne respecte pas les mesures de sécurité préconisées pour le contrôle d’atmosphère). Un puits de pompage est créé pour récupérer les HC, la flaque de pétrole est canalisée en 2 points bas à l’aide de sacs de sable ; de l’absorbant est répandu là où les HC ne peuvent être récupérés. Le SDIS, appelé à 17 h, procède à des mesures d’explosimètrie. Le 11/11, le bac est vidangé et ne contient plus qu’une couche de 20 – 25 cm non récupérable (500 à 600 t de sédiments). Le 12/11, les suintements observés sur la surface du bac cessent. Le 13/11, 15 m³ de pétrole brut sont pompés dans la cuvette de rétention, 20 à 25 m³ d’HC seraient perdus. L’inspection des IC constate ce même jour que l’exploitant n’a pas encore posé, comme prévu, de film plastique entre les tôles de fond de bac et le chemin de ronde pour éviter que l’eau de pluie ne s’infiltre dans les terres polluées. L’exploitant prévoit de faire des carottages en fond de cuvette et de dégazer le bac à la fin de la vidange pour intervenir dessus. Il fournira un rapport d’accident à l’inspection des IC. Il excave 120 m³ de terre polluée. La corrosion pourrait être à l’origine de l’accident. En effet le produit stocké contient de l’eau salée et l’inspection des IC avait constaté lors de précédentes visites que les agitateurs destinés à éviter ce phénomène étaient parfois défaillants. De plus, contrairement aux procédures d’inspection des équipements sous surveillance préconisées par sa société mère, l’exploitant ne contrôle les tôles de fonds de bac qu’à l’occasion des visites décennales, et avant 2006 ces contrôles on été retardés à 2 reprises sans disposition technique compensatoire.