Pollution
Humain
Environnement
Economique

Entre le 13 et le 15 juillet 2006, un raid aérien vise une centrale électrique située à 25 km au sud de Beyrouth. Deux réservoirs de fioul, situés à 25 m seulement de la mer, sont atteints. L’un prend feu dégageant un nuage toxique de 30 km de long, l’autre, contenant 15 000 t d’hydrocarbures, se déverse dans la mer. Une marée noire qui s’ensuit touche les ¾ des 200 km de côtes du Liban, dont 2 réserves naturelles. Deux nappes atteignent aussi le littoral syrien. Les côtes chypriotes, turques, grecques et israéliennes sont menacées. Les dégâts sur les écosystèmes marins et littoraux sont considérables. Le fioul est présent jusqu’à 8 m de profondeur au large de Jieh. Des poissons, crustacés et crabes sont retrouvés morts sur le port touristique de Byblos, à 40 km au nord de Beyrouth. La pollution pourrait avoir un impact sanitaire sur les populations de la région et les pêcheurs libanais voient leur activité réduite à néant. Face à cette catastrophe écologique, le ministre de l’environnement libanais demande assistance aux parties contractantes de la Convention de Barcelone et aux partenaires du Plan d’Action Méditerranéen. Les acteurs internationaux se mobilisent et apportent leur soutien économique et matériel au Liban, sous la coordination de l’OMI (Organisation Maritime Internationale). Le Koweït envoie 40 t de matériel permettant de coaguler et absorber le pétrole, des experts et du matériel sont envoyés sur place par les instances européennes et internationales. Des aides financières sont aussi promises au Liban : 200 000 euros de l’Union Européenne, 200 000 dollars US de l’OPEP et 200 000 dollars US du PNUD. Cependant, l’intervention internationale a été entravée par le blocus imposé au Liban. Le nettoyage des côtes débute finalement le 18 août par la défense civile libanaise alors que les aides internationales continuent d’arriver. Après avoir envoyé 6 experts en pollution marine sur les lieux le 21 août, l’Italie envoie le 12 septembre, un navire patrouilleur pour participer au nettoyage des fonds marins. Cette opération ne peut se faire, en grande partie, qu’à la main, et un périmètre prioritaire de 48000 m² entre 4 et 8 m de fond a tout d’abord été défini. Les équipes parviennent à retirer 30 m³ d’hydrocarbures tous les 5 jours. La marine nationale et le ministère de l’équipement français joignent une équipe d’encadrement de 8 personnes et envoient du matériel (écrémeuses, …).