Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 10 h, lors du nettoyage, par 2 sous-traitants, d’une cuve extérieure enterrée pouvant contenir 35 m³ d’acétate d’éthyle, une explosion se produit dans une entreprise de distribution de produits chimiques classée SEVESO. Au moment de l’explosion, la trappe d’accès à la cuve est ouverte. L’exploitant déclenche le POI. Une cinquantaine de pompiers met en place un rideau d’eau autour des cuves. Les sous-traitants sont grièvement brûlés. Un périmètre de sécurité de 500 m est mis en place et 12 personnes sont évacuées. Des canalisations sont endommagées. Les élèves de 3 écoles voisines sont confinés. Le trafic ferroviaire est interrompu. Vers 11h45, la circulation des trains est rétablie. Le confinement est levé. La cuve à l’origine de l’explosion est inertée avec de l’eau.

L’acétate d’éthyle a une odeur caractéristique fruitée. C’est un solvant très volatil utilisé dans les vernis à ongles, comme agent de saveur dans la pâtisserie ou les limonades ou comme agent pour décaféiner le café. Il est présent en faible quantité à l’état naturel dans le vin ou le rhum.

Les mesures d’urgence :

L’inspection des installations classée, présente sur les lieux, rédige un arrêté préfectoral de mesures d’urgences qui est signé le soir même.

L’exploitant procède aux mesures suivantes :

  • interdiction d’effectuer tout dépotage ou empotage au niveau des 12 cuves enterrées de liquides inflammables ainsi que toute opération de transfert vers la zone de conditionnement tant que la mesure de niveau et les détecteurs de fuite des cuves ne sont pas opérationnels ;
  • remise en service du fonctionnement des dispositifs de sécurité de l’ensemble des cuves ;
  • mise en place d’une surveillance journalière du puisard associé à la zone de stockage enterrée ;
  • interdiction de réaliser des opérations de nettoyage et d’inertage sur l’ensemble des cuves de liquides inflammables en l’absence de révision des procédures de maîtrise d’exploitation et de maintenance ;
  • réaliser une inspection visuelle et un contrôle d’étanchéité des compartiments de la cuve accidentée.

Que s’est-il passé ?

Les 2 intervenants ont commencé une opération de nettoyage de la cuve enterrée en vue d’un changement d’affectation à 8h30. Ce jour-là, la météo est propice à l’apparition d’électricité statique. Ils ont démonté les canalisations reliées à la cuve, puis le couvercle de la cuve. Au moment de l’explosion, le couvercle avait été soulevé par un trépied et les sous-traitants avaient introduit le flexible de pompage dans la cuve.

Les causes suivantes sont constatées :

  • défaut de mise à la terre du trou d’homme ;
  • non obturation des brides (afin de limiter les émissions de vapeur) ;
  • absence d’extraction des vapeurs dans la cheminée.

Ces dispositions étaient inscrites dans le plan de prévention et dans le mode opératoire du prestataire.

D’autres hypothèses sont avancées :

  • une connaissance insuffisante des risques de l’intervention par les intervenants ;
  • une préparation insuffisante de l’intervention par l’exploitant et le sous-traitant ;
  • un défaut de contrôle de l’explosimétrie au niveau du chantier ;
  • l’ignition de l’explosion a pu être provoquée par un choc par contact lors de la levée du couvercle du trou d’homme ou par l’utilisation d’outil « non-étincelant » ou de flexible non ATEX ou par la présence d’un téléphone portable.

Actions correctives

  • révision de la procédure de sélection des prestataires pour les travaux dangereux ;
  • établissement de nouvelles règles pour la gestion des plans de prévention ;
  • renforcement de la surveillance des prestataires ;
  • consignation des téléphones portables.

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