Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 10h45, dans une usine de fabrication de matières plastiques classée Seveso seuil haut, un rejet de vapeurs nitreuses se produit lors de la vidange de conduites d’acides nitrique et sulfurique dans un bac de récupération appelé tonnelet. Un chef d’atelier signale le rejet. Un opérateur stoppe la vidange des conduites et arrose le réservoir. Constatant la présence d’acide dans le puisard de la rétention où se situe le tonnelet, ils vidangent le puisard, arrêtant le rejet vers 11h45.

Dans une école située à 2 km du site, des personnes atteintes de picotements aux yeux, alertent la mairie qui les informe de se confiner. Les pompiers effectuent des mesures atmosphériques dans l’école et lèvent l’alerte vers 12h15.

Lors de l’incident, quelques centaines de kilogrammes d’acide nitrique, d’oléum sulfurique et d’acide sulfurique sont rejetés à l’atmosphère. L’exploitant réalise une simulation de la forme du panache et une estimation des zones d’effets réversibles (ZER) et olfactifs. Les hypothèses majorantes conduisent à une ZER à 163 m et une distance pour le seuil olfactif à 1 906 m. 

A la suite de ce rejet, le chef d’atelier effectue des tests de vidange des conduites vers le tonnelet et constate une fuite au niveau de la vanne de purge du tonnelet dans le puisard. De l’eau était présente dans ce puisard, la chaleur de la réaction de l’acide nitrique avec l’eau a provoqué l’émission de vapeurs nitreuses. La pompe présente dans le puisard n’atteignait pas le fond du puisard.

Concernant la vanne de purge du tonnelet fuyarde, sa commande à distance était mal fermée. De par sa conception, il n’est pas possible de vérifier la position de la vanne, l’exploitant ne dispose pas non plus de report de cette position.

Suite à cet événement, l’exploitant répare la vanne de fond et fiabilise la commande de la vanne en ayant la possibilité de vérifier sa position. Il met en place une procédure de vidange des conduites avec contrôle de la fermeture de la vanne du tonnelet et du positionnement des organes de fond du puisard. Il établit une procédure de vidange du tonnelet garantissant l’absence de risque de génération de vapeurs nitreuses. Il modifie la fiche réflexe liée aux fuites d’acides afin d’intégrer une évaluation des risques pour déclencher le POI ou non. L’exploitant étudie la possibilité de mettre des balles de confinement dans le puisard ou un émulseur afin de confiner un dégagement de vapeurs nitreuses. Il réfléchit sur sa capacité d’analyse d’une situation de dégagement de vapeurs nitreuses afin de pouvoir fournir des informations factuelles sur l’étendue du panache aux abords immédiats du site.