Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 1 h, dans une usine chimique classée SEVESO seuil haut, un technicien constate, lors de sa tournée dans un atelier de concentration d’eau oxygénée, le débordement d’un réservoir d’eau oxygénée à 70 % dans sa cuvette de rétention. Le réservoir fait partie d’un cycle de concentration d’eau oxygénée dont la séquence est en pause au moment du débordement. Pour vider le bac, l’exploitant remet en service la séquence. Il traite l’épandage par dilution, puis recyclage vers le réseau d’effluents de l’atelier. Vers 1h30, il appelle les pompiers de l’usine pour nettoyer la zone. A 2 h, l’intervention est terminée. L’exploitant procède à des analyses au niveau d’un point de rejet au milieu naturel de son réseau d’égout.

L’exploitant estime à 13 m³, la quantité de produit ayant débordé du réservoir dans la cuvette. La majeure partie du produit est envoyée vers la station de traitement après analyse. D’après les mesures faites au point de rejet au milieu naturel, 1 m³ d’eau oxygénée déversée a été évacué par un regard non étanche se situant dans la rétention, se rejetant dans les égouts. Ce point de rejet est surveillé de manière journalière par l’exploitant. La quantité d’eau oxygénée rejetée par ce point est estimée à 360 kg, entraînant un dépassement de la valeur réglementaire de rejet en concentration pendant 2 jours. Le rejet aqueux passe ensuite par un canal usinier de 550 m avant de rejoindre le milieu naturel. Du fait de la longueur de ce canal et de la décomposition de l’eau oxygénée, l’exploitant estime qu’il n’y a pas d’impact sur le milieu aquatique (la concentration en eau oxygénée dans le milieu naturel reste inférieure au seuil de toxicité aigüe pour les poissons). Pour mémoire, la décomposition de l’eau oxygénée produit de l’oxygène et de l’eau.

A l’origine du débordement du bac, 2 alarmes de niveau haut, une à 20h50 sur le réservoir et une à 22h50 sur un puisard de la fosse de rétention n’ont pas été suivies d’action de la part des opérateurs en salle de contrôle. D’après l’exploitant, le regard de collecte des effluents des batteries d’eau déminéralisée n’était pas étanche à cause des travaux réalisés la semaine précédente. 

L’exploitant met en place différentes actions :

  • retour d’expérience aux équipes et des entretiens avec les opérateurs concernés ;
  • modifications des alarmes et du synoptique pour une meilleure signalisation ;
  • amélioration de l’étanchéité du regard de collecte des effluents ;
  • vérification des autres cuvettes de l’installation ;
  • étude de l’asservissement de niveau haut du bac à l’arrêt du process de concentration.