Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 19h15, dans une usine de fabrication de produits de synthèse pour la chimie et la pharmacie, classée Seveso seuil bas, une explosion, suivie d’un incendie, se produit dans un bâtiment de stockage de 50 m². Les produits stockés sur des palettes sont :

  • des fûts métalliques d’alcool propargylique (produit inflammable et toxique) ;
  • des fûts en carton de produits non conformes contenant des solvants ;
  • des sacs de chlorure de calcium et chlorure de sodium.

Lors de l’incident, le site est à l’arrêt pour maintenance. Le bâtiment en cause est habituellement utilisé pour le stockage des produits toxiques. De plus, des produits finis non conformes ont été stockés de manière provisoire pour réaliser des travaux dans le bâtiment de stockage habituel. Un agent de sécurité donne l’alerte, après avoir entendu l’explosion. De la fumée noire sort du bâtiment. A 19h40, les pompiers maitrisent l’incendie. Une fuite sur une tuyauterie d’azote est stoppée. Les eaux d’extinction sont collectées dans un bassin de rétention et traitées par la station d’épuration du site.

Les produits stockés dans le bâtiment sont détruits. L’alimentation électrique de l’oxydateur thermique de l’unité de traitement des COV, fortement endommagée, rend inopérante l’unité. La cuve d’azote servant à alimenter le ciel gazeux des réservoirs de solvants et le procédé n’est plus en mesure d’assurer ses fonctions. Elle est remise en service 48 h plus tard.

L’inspection des installations classées, 2 jours après l’incident, constate que l’incendie pourrait provenir du stockage temporaire de produits sans analyse de risque associée et des travaux de meulage en cours. Le site avait fait l’objet d’une mise en demeure l’année précédente pour des déficits dans la gestion de ses produits chimiques. Cette hypothèse est écartée par l’exploitant après recherche des causes de l’incendie avec un expert.

Après expertise des fûts, l’exploitant détermine que le sinistre a été provoqué par l’explosion d’un fût d’alcool propargylique (point éclair inférieur à 60 °C), suite à la polymérisation thermique du produit, sous l’effet d’un stockage prolongé à des températures ambiantes de plus de 30 °C. La fiche de données de sécurité ne précisait pas ce risque, elle mentionne de protéger de l’action de la chaleur et d’éviter une exposition à une température supérieure à 80 °C.

L’exploitant réalise les actions correctives suivantes :

  • modifier les modalités de stockage de l’alcool propargylique : stockage sous azote des fûts entamés et élimination en tant que déchet au bout de 2 ou 3 semaines, conservation du produit dans un stockage à moins de 30 °C et moins de 1 an ;
  • vérifier les zones de stockage des produits réactifs ou sensibles à la chaleur ;
  • compléter les données de stabilité thermique des matières premières ;
  • mettre en place un système permettant de connaitre à tout moment l’inventaire et les modifications des produits stockés dans les bâtiments.