Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 9h30, dans une usine de production de détergents, savons et produits d’entretien classée Seveso seuil haut, une inflammation du ciel gazeux se produit dans une cuve de 2,3 t dédiée à la fabrication à chaud de cire liquide. Le flash-fire provoque l’ouverture brutale du trou d’homme de la cuve et la dissipation de flammes (1 m de hauteur) hors de la cuve. L’opérateur présent dans l’atelier ferme le couvercle du trou d’homme et étouffe l’incendie. L’alimentation électrique est coupée. Un arrêt d’urgence est activé pour stopper la distribution du white-spirit, produit en cours de remplissage dans la cuve de fabrication.

La détection incendie de l’atelier ne se déclenche pas. La gaine flexible de raccordement entre la cuve et le système d’aspiration fond sous l’effet de la chaleur.

L’inflammation du ciel gazeux de la cuve se produit en fin de remplissage du white-spirit, versé sur le mélange de cires fondues. La détonation entraîne l’ouverture du trou d’homme de la cuve qui n’est pas verrouillé. Le non-verrouillage des trous d’hommes était une mesure prise suite au retour d’expérience d’un précédent accident survenu en juillet 2015 sur une cuve voisine (ARIA 49415).

Selon l’expertise réalisée, la cause principale de l’inflammation du ciel gazeux est une décharge électrostatique au travers d’un nuage de vapeurs. Une couche ATEX de 30 cm s’est formée au-dessus du liquide lors de la phase de remplissage ; le tuyau de remplissage était trop proche de la surface de liquide. Des charges électrostatiques se sont accumulées en raison d’un remplissage “en pluie” du white-spirit, d’une vitesse de remplissage trop importante et d’une agitation trop forte. Cet événement est également la conséquence d’une erreur humaine, puisque l’opérateur n’a pas respecté la consigne d’ouverture du système d’extraction à 100 % (le clapet était positionné à 70 % d’ouverture).

Conformément aux recommandations de l’expert, l’exploitant met en place des mesures pour réduire le risque de formation d’une ATEX et éviter l’inflammation de celle-ci :

  • mise en place d’une extraction au niveau du trou d’homme ; le trou d’homme est fermé en cas d’arrêt de l’extraction ;
  • équipement du trou d’homme avec un système de “retour en position fermée” ;
  • interdiction de l’accès à proximité du trou d’homme pendant le remplissage ;
  • modification des arrivées de solvants à l’intérieur des cuves : remplissage en pluie remplacé par un remplissage en léchant les parois ;
  • réduction la vitesse de remplissage ;
  • limitation du niveau haut de liquide dans la cuve à un moins 50 cm du point bas du trou d’homme ;
  • contrôle de la vitesse d’agitation ;
  • vérification du potentiel électrique.

A moyen terme, l’exploitant prévoit aussi :

  • la mise en place d’un système d’inertage / extinction au CO2 sur les cuves ;
  • la mesure en continu de la LIE au point bas du trou d’homme, avec asservissement ;
  • la mise en place d’un capteur de niveau haut dans la cuve, avec asservissement.