Pollution
Humain
Environnement
Economique

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Vers 5h40, dans une entreprise de déconditionnement et de regroupement de déchets industriels, un feu se déclare dans la zone de réception des déchets dangereux. L’incendie concerne une cellule de 2 000 m² abritant :

  • des conteneurs plastiques vides ;
  • des fûts d’huiles usagées ;
  • des bacs de solvants ;
  • des acides et des bases ;
  • des bacs de diluants et colorants de peinture ;
  • des big-bags de boues d’hydroxydes.

Plusieurs explosions, probablement dues à des fûts métalliques sous pression, se produisent. Un voisin donne l’alerte vers 7 h. Les secours arrosent l’intérieur du bâtiment par le haut, la toiture s’étant effondrée. Une rue est fermée à la circulation. L’intervention se termine vers 10 h.

Conséquences et suites données

Le bâtiment de réception/transit de déchets dangereux est inutilisable. Les eaux d’extinction s’écoulent vers le réseau public. Une pollution du réseau d’eaux pluviales à l’extérieur du site puis dans l’OEUF est constatée dès 10h30.

Plusieurs non-conformités sont relevées par l’inspection :

  • suite à des travaux récents, le bâtiment où sont entreposés les déchets ne permet plus de confiner les eaux d’extinction incendie (suppression d’un merlon) ;
  • la vanne barrage permettant d’isoler le site du milieu récepteur n’a été fermée que tardivement (1 h après la fin de l’incendie. La raison invoquée étant qu’un camion de pompiers empêchait d’y accéder) ;
  • cette vanne barrage, pourtant récemment installée, n’est pas étanche et a laissé s’échapper un filet d’eaux polluées vers le réseau communal d’eaux pluviales. La réception de la vanne n’avait pas fait l’objet de tests de fonctionnement ;
  • une quantité importante de déchets dangereux liquides (huiles, eaux de lavage industrielles…) est stockée à l’extérieur sans aucune capacité de rétention.

Un arrêté préfectoral de mesures d’urgence est pris. L’exploitant doit remettre son site en état de conformité (rétablissement de la capacité de confinement du bâtiment, mise en place d’un dispositif d’obturation du réseau étanche, élimination des déchets stockés dans la rétention…). Les apports de déchets sont interrompus dans cette attente. L’exploitant fait réaliser des analyses à partir de prélèvements dans le débourbeur du site, dans la rivière polluée et dans les sols.  

Analyse des causes

L’accident est survenu la nuit, en l’absence de personnel. Des produits incompatibles (acides, bases, solvants…) stockés ensemble dans des bacs en provenance de déchetteries pourraient avoir provoqué une réaction chimique et un échauffement à l’origine de l’incendie. Cette livraison de déchets avait été réceptionnée en fin de journée et stockée sur la zone de réception en attente d’un tri le lendemain. L’inventaire et l’état des stocks étant indisponibles, il n’est pas possible de connaître la nature et la quantité exactes des produits présents au moment de l’accident.

Par ailleurs, une meuleuse à disque se trouvait près de la zone du départ d’incendie alors qu’aucun permis de feu n’avait été signé récemment par l’exploitant. L’hypothèse de la réalisation de travaux par point chaud ayant produit des étincelles la veille du sinistre ne peut être exclue.

Les travaux de réaménagement en cours dans le bâtiment de stockage n’avaient pas été portés à la connaissance de l’administration.

Mesures prises

Suite à cet accident, l’exploitant :

  • révise la procédure de réception des déchets sur site afin qu’un tri des éléments potentiellement incompatibles soit réalisé dès l’arrivée ;
  • modifie l’organisation de ses stockages et met à jour son étude de dangers en conséquence ;
  • renforce le dispositif de détection incendie ;
  • réalise des exercices annuels avec les pompiers ;
  • fait réparer la vanne barrage afin de la rendre étanche.