Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine pharmaceutique, le disque de rupture du scrubber « procedé » se rompt vers 14h40, produisant un dégagement gazeux de 3,6 m³ de chlorure d’hydrogène gazeux (HCl).

Le scrubber « procédé » est une unité de neutralisation à la soude qui récupère les vapeurs des différents évents des réacteurs de synthèse du bâtiment avant envoi vers une unité de traitement. Du fait d’une nouvelle production comportant une forte teneur en « fines », l’arrête flamme située sur le circuit de collecte s’est colmatée de manière importante, entraînant une surpression dans le scrubber en aval et la rupture de son disque, taré à 150 mbar. Deux techniciens effectuant des travaux de maintenance à proximité donnent l’alerte par téléphone interne. Le POI est déclenché : les accès à la zone sont fermés, le personnel des bâtiments proches est confiné (aspirations et amenées d’air coupées) et 1 binôme équipé d’ARI effectue des reconnaissances. Un périmètre de sécurité de 100 m est établi et les énergies du site sont coupées. Des mesures d’HCL sont réalisées à l’aide d’analyseurs portatifs et ne montrent pas de risque (nuage dilué sur une vingtaine de mètres en quelques minutes). Le disque de rupture est remplacé et les installations de productions sont redémarrées 1h30 après l’incident.

L’incident met en exergue 2 points relatifs aux traitements des alarmes :

  • une mesure de pression est effectuée en amont des arrêtes flammes pour détecter au plus tôt les colmatages, mais la consigne ne précise pas la conduite à tenir en cas de dépassement du seuil ;
  • les détecteurs HCl à proximité du scrubber se sont bien déclenchés, mais aucune consigne ne précise les actions à mettre en oeuvre pour le traitement de l’information de cette alarme.

De plus, aucune consigne n’aborde la mise en sécurité des installations de production en amont en cas d’incident (par ex sur le scrubber).

L’exploitant vérifie entièrement l’état du scrubber (vidange et purge) et prévoit son inspection annuelle. Il vérifie l’état des arrêtes flammes et établit une consigne relative à leur démontage incluant les points à vérifier avant remontage. Il renforce le suivi et le nettoyage systématique des arrêtes flammes en cas de colmatage ; ces points sont intégrés aux dossiers de fabrication. Il met en place un asservissement entre la production et la mesure de pression. Il met à jour son POI concernant les effets toxiques et met des ARI à disposition dans 2 secteurs protégés de l’établissement.