Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers minuit dans une sucrerie, le bac de nettoyage des réchauffeurs à jus de diffusion de 24 m3 de capacité déborde dans son cuvelage en béton la nuit. Le liquide qui se déverse dans la cuvette de rétention, est une solution sodée constituée de 2 000 l de soude à 50 % (densité 1,51) diluée dans 14 000 l d’eau chaude.

Le débordement résulte d’un défaut de discordance de la vanne TOR d’alimentation en eau du bac ; le niveau de sécurité du bac (18 m3) a bien commandé cette vanne, mais en période de gel intense celle-ci ne s’est pas refermée.

Le volume de solution déversé dans la cuvette de rétention a été évalué à 52 m³, soit 25 cm dans le cuvelage ou l’équivalent de plus de 2 volumes entiers du bac. Cette solution était donc constituée de 2 m³ de soude à 50 % (1 500 kg de soude pure) et 50 m³ d’eau, soit une solution à 28 g/l.

Dès que l’incident est découvert, le préposé aux nettoyages chimiques coupe l’alimentation en eau chaude en fermant la vanne manuelle. Alerté à son tour, le surveillant du secteur vidange volontairement la rétention vers le bassin orage Nord de l’établissement, à son niveau maximum (favorable à la dilution) lors des faits, lui-même raccordé aux bassins usine. Le temps de séjour de la solution dans le cuvelage avant vidange n’a pas excédé 1h30, limitant ainsi les risques d’infiltration au travers du béton.

La cuvette de rétention en béton dépourvue de tout revêtement de protection approprié est fortement endommagée, ainsi que les supports des cuves associées à cette dernière. Le réseau des eaux pluviales est également potentiellement dégradé. Les conséquences sur l’environnement sont limitées, la solution sodée ayant été diluée avant rejet dans la MARNE. De même, aucune infiltration de solution dans le sol n’a été mise en évidence.

L’inspection des IC « découvre » l’incident 1,5 mois plus tard lors d’une visite d’inspection sur le site. Faits et défaut d’information sont constatés : cuvette de rétention non étanche, mélange de produits incompatibles sur une même cuvette, rejet volontaire de soude dans l’environnement et absence d’information en temps réel des services administratifs. Des arrêtés de mise en demeure et de prescriptions complémentaires sont proposés au Préfet pour adapter la cuvette de rétention aux produits qu’elle est susceptible de contenir, ainsi que pour encadrer le suivi d’exploitation le temps nécessaire aux réparations à effectuer.

Un 1er incident avait déjà eu lieu sur cette même installation en novembre 2009 (ARIA 38026).