Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans un bâtiment de 650 m², un feu se déclare vers 6h20 dans l’atelier de distillation sous vide d’une usine de fabrication d’huiles essentielles. La consigne de nettoyage habituelle n’étant pas suffisante pour enlever des résidus de résine tenaces, un opérateur expérimenté nettoie un ballon en verre de 6 l avec 2 l d’hexane à froid et un décapeur thermique normalement exclusivement utilisé dans un atelier voisin. Les vapeurs de solvant s’enflamment, brûlant gravement l’opérateur au 2ème degré sur 20 % du corps (le port des EPI gants, chaussures et lunettes a cependant protégé ses mains, pieds et yeux), tout en initiant l’incendie dans l’atelier où d’autres distillations étaient en cours.

Les services de sécurité internes interviennent ; l’opérateur est douché, les pompiers sont alertés, les énergies (gaz et électricité) sont coupées, les trappes de désenfumage sont ouvertes manuellement et le rideau d’eau ceinturant la plate-forme de stockage de fûts voisine est déclenché.

Les gendarmes établissent un périmètre de sécurité et interrompent la circulation. Une vingtaine d’employés est évacuée. En se raccordant au poteau incendie extérieur pour leur intervention, les secours provoquent une chute du débit d’eau sur le réseau interne, rendant le rideau d’eau inefficace et le branchement d’une 2ème lance impossible. Les secours protègent une cuve d’azote, empêchent la propagation du feu à tout l’établissement avec des lances à eau, puis éteignent l’incendie avec des lances à mousse. Ils déblaient les lieux, puis quittent le site vers 11h30.

L’atelier de 50 m² et ses 4 colonnes de distillation sont détruits ; des chemins de câbles et le local technique mitoyen de l’atelier sont brûlés. Les dommages matériels sont évalués à 400 Keuros, sans compter la perte des matières premières et produits finis abrités dans l’atelier.

Les eaux d’extinction sont récupérées dans le bassin de confinement de 1 000 m³ prévu à cet effet. Déjà bien rempli par les fortes pluies des jours précédents, ce bassin a été suffisant pour contenir les eaux d’extinction ; aucune pollution à l’extérieur du site n’a été observée.

L’exploitant complète les consignes de l’atelier en interdisant formellement l’utilisation d’un canon à chaleur ou d’un décapeur thermique pendant les phases de nettoyage, tout problème devant attendre une décision du chef de service. En concertation avec le SDIS, il recherche des solutions pour pallier la chute de débit du réseau d’eau interne.