Pollution
Humain
Environnement
Economique

En quittant une usine de fabrication de gaz industriels classée SEVESO, vers 11 h, un camion-citerne de 40 000 l d’hydrogène liquide se renverse dans un fossé au niveau d’un virage d’un carrefour d’un chemin communal en périphérie de la commune. La citerne est retenue par un pylône électrique et ne se renverse pas complètement. Un nuage blanchâtre s’échappe de la cheminée de dégazage en haut de la citerne. Les secours établissent un périmètre de sécurité de 200 m et évacuent 3 riverains pendant 4 h. Des pompiers contrôlent la pression interne du conteneur : elle se maintient à 0,1 bar relatif. De 11h30 à 14 h, les mesures d’explosimétrie en sortie de cheminée de dégazage, à 3-4 m de haut, sont positives. A 14h30, les pompiers élargissent le périmètre de sécurité à 600 m et lèvent la citerne, permettant aux techniciens de la société affréteuse d’accéder à l’armoire de commande de la citerne. Les secours referment la vanne de dégazage d’hydrogène légèrement ouverte du fait du choc de l’accident. Les mesures d’explosimétrie sont désormais négatives. Vers 17h30, la semi-remorque est remise sur la route et est reconduite dans l’usine de fabrication de gaz industriels qui dispose d’une unité de dégazage. Pendant l’intervention, les énergies et les lignes téléphoniques sont coupées et l’usine arrête sa production et fait évacuer son personnel. Le nuage était en grande partie constitué d’azote utilisé sous forme liquide pour maintenir l’hydrogène au froid, la position inclinée de la citerne ayant provoqué le débordement du circuit de dégazage. Le nuage cryogénique s’est ensuite dispersé.

L’inspection des installations classées se rend sur place. Du fait de la présence de stockages de protoxyde d’azote, seules des semi-remorques vides peuvent être accueillies sur le site pour dégazage. D’après l’exploitant, le conducteur de l’ensemble routier en cause est venu de son propre chef sur le site pour chercher des flexibles de remplacement. Il est entré sur le site sans attendre l’accord du chef de poste et a franchi la porte qui ne s’était pas immédiatement refermée après l’entrée du véhicule précédent. Constatant que le camion chargé en hydrogène liquide était entré sur le site sans autorisation, le chef de poste a demandé au chauffeur de reculer. Lors de cette manoeuvre, le camion a accroché le portail. Le chef de poste lui a donc demandé de sortir par l’arrière du site ; c’est en empruntant ce chemin que le chauffeur a raté son virage. La production de protoxyde d’azote a repris le 30/06.

L’inspection des IC constate un problème de procédure en lien avec le système de gestion de la sécurité du site industriel car le véhicule rempli d’hydrogène liquide n’aurait pas dû pouvoir y rentrer. Elle demande à l’exploitant un rapport analysant les causes de cet incident. Une visite d’inspection sera diligentée afin de s’assurer de la mise en place des mesures organisationnelles nouvelles mises en place dans le cadre du SGS de l’exploitant.