Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans l’atelier d’hydrogénation d’adiponitrile pour la synthése d’hexaméthylènediamine (HMD) d’une usine chimique, une fuite d’hydrogène (H2) s’enflamme sur un bac coupe-feu associé un réacteur à tête cyclonique.

Lors de l’arrêt du réacteur pour lessiver le catalyseur (nickel) et pour une raison inexpliquée, le niveau mesuré par l’un des capteurs (système plongeur) implantés dans le pot de soutirage du réacteur indique soudainement un niveau de 100 %, tandis que la mesure par gammagraphie reste stable. Cette brusque variation de mesure de niveau dans le pot provoque l’ouverture complète de la vanne de régulation asservie à la mesure par plongeur et la vidange du pot de soutirage. Le niveau indiqué par la mesure par plongeur reste bloqué à 100 %, celle par gammagraphie descend à un niveau de remplissage de 12 % (décalage du zéro).

Cette vidange complète du pot de soutirage génère une aspiration d’H2 provenant du dôme du réacteur par la ligne de dégazage associée au pot ; cette ligne permet en fonctionnement normal le retour vers le sommet du réacteur d’une partie de l’H2 soutirée avec l’HMD et l’eau. L’exploitant de l’unité de fabrication d’H2 de la plate-forme qui détecte l’augmentation de la consommation d’H2 induite (5 000 Nm³/h durant 10 min), alerte la salle de contrôle de l’atelier.

Les opérateurs n’actionnent alors pas l’arrêt coup-de-poing (qui aurait entraîné la fermeture de la vanne TOR totalement étanche contrairement à la vanne de régulation), mais passent en mode manuel puis ferment la vanne de régulation. C’est alors qu’ils entendent un bruit et constatent en sortant du bâtiment un dard enflammé d’H2 au niveau du bac coupe-feu associé au réacteur.

Les pompiers alertés n’auront pas à intervenir, le feu s’éteignant par arrêt de l’alimentation en H2. Aucun blessé n’est à déplorer.

L’inspection des IC constate que l’installation fonctionnait depuis au moins 72 h (période d’enregistrement des données disponibles) avec un décalage entre les 2 mesures de niveau dans le pot de soutirage de plus de 10 %. Par ailleurs, sachant que le système de sécurité n’est actionné que lorsque la mesure par gammagraphie indique un niveau dans le pot inférieur ou égal à 10 % et que le décalage du zéro de la mesure était supérieur à cette valeur seuil, l’installation fonctionnait avec un système de sécurité inopérant.

Un même départ de feu sur un bac coup-feu sur un autre site de l’exploitant avait conduit à remplacer le bac ouvert par un bac fermé. Cette solution n’avait pas été retenue sur le site à l’époque car l’exploitant préférait développer la mise en place de barrières en amont du dysfonctionnement plutôt qu’en aval. L’inspection signale que les démarches de développement de barrières pour limiter l’occurrence des accidents et celles pour limiter leur gravité ne sont pas incompatibles mais complémentaires.