Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une aciérie électrique vers 19h10, l’opérateur de conduite du four de fusion (70 t) aperçoit des flammes bleues avec la caméra de surveillance, signe de la présence d’eau dans le four. Il ferme le volet de sécurité devant la vitre de séparation entre la cabine de commande et l’enceinte du four et fait évacuer les salariés du secteur. Une violente explosion se produit quelques instants plus tard à la suite du contact eau / métal en fusion.

Dans l’après-midi une fuite d’eau avait été constatée sur 2 flexibles de retour de refroidissement de la voûte du four. L’un avait été changé et pour pallier la défaillance du second, il avait été décidé de mettre en service le circuit de retour de secours ; la vanne d’eau de ce circuit n’ayant pas été ouverte un dysfonctionnement du système de refroidissement s’est produit provoquant le percement d’un tube et l’entrée d’eau dans le four. Deux employés légèrement commotionnés sont conduits à l’hôpital ; ils en sortent dans la soirée. Les dégâts matériels sont importants : chute des portes du “dog house” (enceinte du four), rupture des tirants de suspension de la voûte, projection dans le bâtiment d’une partie du dispositif de captations des fumées. Le coût des dommages matériels est estimé à 1,64 Meuros et les pertes d’exploitation à 630 keuros.

Au cours de son enquête, l’inspection des installations classées relève : une organisation insuffisante des travaux de maintenance des flexibles d’alimentation en eau de la voûte du four (procédures, gestion des intervenants, surveillance…), une instrumentation en place ne permettant pas de contrôler l’efficacité du refroidissement de la voûte et l’intégrité du circuit d’eau (pas de mesure de variation de température, de pression), l’absence d’instrumentation du circuit de refroidissement de secours. L’exploitant diligente une enquête par un organisme tiers pour préciser les causes de l’accident et définir les mesures techniques et organisationnelles à mettre en place pour éviter son renouvellement. Il prévoit également : l’instrumentation du circuit de secours, la révision de l’organisation de la maintenance, la mise en place d’un détecteur hydrogène, la réalisation d’une étude sur l’instrumentation des circuits de refroidissement afin de permettre un meilleur suivi de leur efficacité.