Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une importante fuite d’hydrocarbures a lieu à 9h45 au redémarrage après maintenance (décokage) d’un four sur la ligne du vapocraqueur d’un site chimique ; 6 t d’un mélange gazeux contenant notamment 5 % de benzène et 3 % de butadiène sont émises à l’atmosphère durant 30 min. Le POI du site est déclenché.

Des odeurs sont perçues à plusieurs kilomètres de la plate-forme. Quelques dizaines de riverains et d’employés de celle-ci sont incommodés ou victimes d’irritations oculaires ; le personnel d’une entreprise voisine (200 pers.) se confine dans des refuges. Une cinquantaine de salariés de la plate-forme subiront un contrôle urinaire pour rechercher les indices biologiques d’exposition au benzène.

Des retombées huileuses mélangées à la pluie ont également été observées dans une commune proche, ainsi que des irisations dues aux traces d’hydrocarbures sur des véhicules. L’exploitant prendra en charge le nettoyage des équipements impactés (170 véhicules et 30 habitations), soit un coût compris entre 100 et 500 kEuros. Les pertes d’exploitation seraient quant à elles comprises entre 0,5 et 2 Meuros (9 jours d’arrêt). L’exploitant diffuse un communiqué de presse.

La phase de transition entre le décokage et le redémarrage du four nécessite la manoeuvre de 2 vannes : fermeture de l’une permettant l’émission des gaz de décokage à l’atmosphère après passage dans un cyclone et ouverture de l’autre dirigeant les gaz de craquage vers la colonne de trempe à l’huile en aval. Lors de l’accident, un problème mécanique empêche la fermeture de la 1ère vanne sans que l’automate ou le personnel ne le détecte. Dans ces conditions, la vanne entre le four et la trempe est ouverte, entraînant l’émission à l’atmosphère de 6 t de gaz craqué issu du secteur de trempe. L’émission de gaz via la chandelle à 41 m de haut dure 25 min jusqu’à la fermeture manuelle (fermeture automatique impossible) de la vanne entre le four et la trempe.

L’analyse des défaillances réalisée par l’exploitant met en cause une rupture de l’accouplement entre le moteur électrique et la tige de la vanne de décokage. Par ailleurs, la conception de fin de course (type électrique) basée sur la détection d’un nombre de rotation de l’organe moteur et non sur la position physique de la tige de la vanne n’a pas permis de détecter la non fermeture de la vanne.

Plusieurs améliorations sont réalisées avant la remise en service du four : mise en place d’une vanne neuve (design modifié), ajout d’une détection complémentaire de position physique de la tige des vannes et intégration de ces fins de course dans la séquence de sécurité existante, rédaction d’un retour d’expérience et rappel au personnel du mode opératoire de manoeuvre d’inversion de ces vannes et des points de vigilance. Enfin, la vanne entre le four et la trempe qui n’a pu être manoeuvrée électriquement lors de l’accident sera expertisée. Les autorités et les élus sont prévenus en France et en Allemagne.