Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine de transformation d’aluminium, un opérateur aperçoit vers 6 h des flammes sortir d’un malaxeur double enveloppe contenant 1 t de pâte composée de 20% de white-spirit et 55% de poudre d’aluminium et d’acide gras. Il actionne le boîtier alarme incendie qui déclenche la sirène. Après avoir mis à l’arrêt toutes les installations, le personnel se rassemble. L’équipe de 1ère Intervention (EPI) effectue une reconnaissance sous ARI, une épaisse fumée s’étant propagée dans le bâtiment. Deux EPI abattent les flammes à l’aide d’extincteurs à poudre, un autre binôme place des couvertures ignifugées et du sable dans la trémie. Les secours externes maîtrisent le feu en recouvrant la pâte avec de la poudre d’extinction et du sable et refroidissent le mélangeur (T° appareil en partie haute 110 °C) par le circuit de circulation d’eau de la double enveloppe. Une surveillance de la température de l’eau et des parois est mise en place. Le feu s’est propagé à un chemin de câbles électriques surplombant l’installation et les pompiers munis d’ARI l’éteignent avec des extincteurs à poudre après démontage du bardage. Le dispositif d’intervention des secours est levé en début d’après-midi après la baisse de la température de la pâte (40 à 50 °C) constatée avec une caméra thermique. Les pompiers effectuent un nouveau contrôle le lendemain matin (T° = 20 °C) qui permet d’écarter tout risque de reprise de feu.

Le fonctionnement du malaxeur et de l’atelier est interrompu durant plus de 3 mois. Le réseau électrique a subi des dommages conséquents. La toiture est détruite sur 10 m² ; s’agissant d’une toiture ancienne en amiante-ciment, un plan de retrait est obligatoire avec décontamination de l’ensemble de la structure et des équipements. Les médias se sont rendus sur les lieux.

La pâte d’aluminium se serait auto-enflammée dans le malaxeur du fait de son extrême finesse, d’un niveau de lubrifiant très bas (0,02 % au lieu de 0,5 à 1 %), de la circulation d’air dans le broyeur inadéquate, de la proportion non volatile du gâteau de poudre supérieur à la normale et de la position inadaptée des trappes du malaxeur. La propagation du feu aux installations électriques peut être expliquée par leur vétusté et la proximité des câbles avec le malaxeur.

A la suite de l’accident, l’exploitant programme la mise en place de mesures de prévention pour le broyage, le contrôle de la température, la formulation (teneur en acide oléique augmentée et en non volatile diminuée), la filtration, le malaxage (procédure pour la fermeture et mise à la terre des trappes, emballés les gâteaux dans les fûts, relevés de température du produit, consigne de sécurité en cas d’élévation de la température, étudier la mise en place d’une sonde dans le malaxeur avec enregistrement des données), l’électricité (modifier tout le câblage), la formation, l’enquête sur accident, l’organisation, le retour d’expérience.