Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une usine chimique, des eaux résiduaires chargées en toluène diamine (TDA) et destinées à être incinérées s’infiltrent dans le sol et contaminent les eaux souterraines. La fuite se situe sur le piquage de la canalisation de mesure de niveau du réservoir de stockage des effluents, en amont de la vanne de sectionnement. La cuvette de rétention associée au stockage étant fissurée, près de 40 m³ d’effluents aminés chargés à 0,66% sont libérés dans le milieu naturel. L’estimation de la quantité de TDA rejetée dans le milieu naturel, établie à 270 kg au moment de l’accident, serait finalement de 30 kg compte-tenu de la quantité de produit récupérée sous forme solide au fond du bac. L’analyse de l’accident montrera qu’une corrosion interne due à une acidité trop élevée de l’effluent stocké, est à l’origine du défaut d’étanchéité du piquage et de la rétention. L’acidité anormale des effluents (pH = 2 au lieu de 4) résulte de la collecte d’eaux acides issues de l’arrosage d’une fuite d’acide chlorhydrique (HCl) survenue sur un rack une semaine plus tôt. Après détection de la fuite grâce à la mesure de niveau du stockage reportée en salle de contrôle, les effluents toujours présents dans la rétention et dans le réservoir sont pompés vers une fosse disponible par une société spécialisée. Un pompage forcé au niveau d’un puits situé à 90 m en aval de l’épandage est également réalisé afin de rabattre la pollution ; l’effluent récupéré sera in fine rejeté dans le DRAC après dilution, via les eaux de refroidissement du site. Compte-tenu de la vitesse de progression de la nappe polluée (10 m/j), le puits ne devrait être atteint qu’une semaine après l’accident. L’inspection des installations classées propose au Préfet de prendre un arrêté de mesures d’urgence prévoyant le pompage des eaux de nappe via le puits aval à raison d’un débit de 400 m³/h jusqu’à résorption de la pollution, l’étude de la faisabilité et de la pertinence d’une excavation des terres souillées pour traitement approprié, le suivi analytique sur le puits contaminé et sur 2 piézomètres en aval hydraulique, la remise en état du réservoir de stockage et de la rétention associée, l’évaluation de l’impact de la pollution sur les cibles potentielles externes au site.