Pollution
Humain
Environnement
Economique

A 11h30, une explosion suivie d’un incendie détruit une usine chimique employant 18 personnes et spécialisée dans la fabrication de produits pour peintures. L’entreprise avait reçu une commande pour une recette contenant un peu plus d’un additif par rapport à la fabrication habituelle. Les managers de l’usine, travaillant tous sur site depuis 9 mois au maximum et sans connaissance particulière en polymérisation, effectuent des calculs des quantités de matière première à introduire pour fabriquer la charge désirée dans le réacteur de 5,7 m³. Or, le dépassement de matières de 12 % par rapport à la charge habituelle engendre un doublement de l’énergie libérée pendant la réaction, dépassant la capacité de refroidissement du condenseur du réacteur à double enveloppe et provoquant un emballement de la réaction. La pression dans le réacteur augmente rapidement jusqu’à rupture du trou d’homme ; les vapeurs de solvants (acrylate de n-butyle dans un mélange de toluène et de cyclohexane) s’échappent alors dans le bâtiment, formant un nuage inflammable. Ce dernier rencontre une source d’inflammation, provoquant une explosion (VCE) qui détruit l’usine et endommage des bâtiments à l’extérieur du site (2 églises et une maison détruites, fenêtres brisées dans un rayon de 530 m). Bien que la plupart du personnel ait pu quitter les lieux avant l’explosion, un employé est gravement brûlé et décèdera 5 j plus tard ; 14 autres employés sont blessés, dont 4 grièvement. Deux personnes qui passaient en voiture à côté de l’usine au moment de l’explosion sont légèrement blessées. Les riverains de l’usine sont invités à se confiner chez eux pendant plusieurs heures compte-tenu de l’épaisse fumée se dégageant du sinistre. Les différents foyers sont éteints le lendemain. Malgré la constitution de digues de fortune pour récupérer les eaux d’extinction, une partie de celles-ci pollue le HUNTING proche puis la CATAWBA : plus de 1 100 poissons morts seront récupérés.

L’enquête menée par le bureau pour la sécurité chimique (US CSB) montre que le réacteur n’était pas équipé pour prévenir, détecter et d’atténuer des emballements de réaction, et que les principes de base de gestion de la sécurité n’étaient pas appliqués sur le site (absence d’analyse des risques, informations de sécurité des procédés mal documentée, absence de gestion des modifications, pratiques de boulonnage du trou d’homme inadaptées, absence de formation des opérateurs et managers, absence de maintenance préventive, plans d’urgence inadéquats et sans exercices d’évacuation, insuffisances de toute l’organisation en matière de sécurité des procédés…).