Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare à 18 h dans l’une des 4 armoires électriques d’alimentation des 3 fours de fusion d’une fonderie de fonte. Ces matériels sont installés dans un local semi-enterré de 450 m² situé sous la plate-forme d’accès aux fours. Le déclenchement manuel de l’extinction automatique au CO2 (3 bouteilles par armoire) depuis l’escalier d’accès au local, 20 mn après le début du sinistre, ne permet pas d’éteindre l’incendie ; les secours sont alors alertés. Les 60 pompiers mobilisés ne peuvent accéder au foyer en raison des importantes fumées qui s’enflamment dans les escaliers d’accès. Dans l’attente de renforts en émulseurs en provenance des départements limitrophes, les 70 t de fonte des 2 fours en fonctionnement sont vidangées ; 50 t sont collectées dans des lingotières, les 20 t restantes sont stockées dans des excavations creusées dans le sol à la sortie de l’atelier de production. Le transfert de fonte est achevé à minuit. Les pompiers noient alors la moitié du local avec de la mousse le volume d’émulseur disponible sur le site étant suffisant. Le feu est éteint en 45 min. Les dommages matériels sont importants : alimentation électrique des fours endommagée, plate-forme d’accès aux fours fissurée… ; 480 employés pourraient être au chômage technique pendant 1 à 2 mois. Selon les premières constatations, l’incendie aurait été initié par le ‘claquage’ de l’un des 144 condensateurs à huile équipant chaque armoire électrique. Pour assurer leur protection incendie chacune d’elles est munie en partie haute de 2 capteurs optiques et de 2 détecteurs ioniques couplés. Le jour du sinistre, la détection optique a fonctionné car l’alarme a été reportée près des fours, mais la détection ionique n’ayant pas confirmé, l’extinction automatique n’a pas été activée. L’explosion du condensateur a sans doute endommagé les détecteurs ioniques empêchant toute confirmation du départ de feu. L’extinction a ainsi été retardée de 20 min, le temps de prendre connaissance de l’incident et de déclencher manuellement l’extinction CO2, sans savoir toutefois si la commande du dispositif était encore opérationnelle. L’exploitant diligente des expertises et doit fournir à l’inspection des installations classées un rapport sur les causes de l’accident et les dispositions prévues pour qu’un tel événement ne se renouvelle pas.