Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une industrie spécialisée dans la fabrication de produits pharmaceutiques et agrochimiques, une inversion de connexion des raccordements de flexibles liquide et gaz sur un conteneur de monochlorure de soufre (S2Cl2) est à l’origine de la remontée de 75 kg de cette substance. Un des ateliers fabrique du disulfure, intermédiaire de fabrication d’un insecticide obtenu à partir du S2Cl2. Une sphère de S2Cl2 étant vide, un opérateur entreprend son remplacement par une pleine et réalise pour la première fois des branchements sur ce type de capacité en location. Le gravage des repères est peu visible et les piquages de branchement des sphères louées n’utilisent pas les codes couleur habituels. L’opérateur, équipé d’une combinaison anti-chimique et d’un masque ARI, branche en fait le piquage dont la bride est peinte en rouge (code couleur des piquages liquide dans cette société) sur le piquage gaz. L’azote est alors connecté au piquage ‘liquide’. Le test d’étanchéité à 1,8 bar de pression d’azote étant concluant, la sphère est dégazée vers la ligne d’évent. Sous la pression du S2Cl2 liquide qui remonte dans l’évent, le bouchon de prélèvement est expulsé. 75 kg de S2Cl2 ainsi libérés sont projetés sur une vanne, la tuyauterie de vapeur calorifugée et se décomposent en soufre et HCl. Le soufre s’auto-enflamme dans le calorifuge chaud de la conduite de vapeur. Les détecteurs gaz (HCl) et explosimétrie se déclenchent. Des employés de l’équipe de quart équipés d’ARI notent la formation d’un brouillard acide envahissant le rez-de-chaussée et démontent le calorifuge qui se consume. L’utilisation des extincteurs permet de maîtriser le sinistre. L’arrêt de la climatisation du local de confinement n’est pas asservi aux détecteurs gaz. Le centre de secours du site déclenche le POI et demande l’aide des pompiers qui, une fois sur les lieux, n’ont pas à intervenir. Les eaux d’extinction d’incendie sont récupérées dans la fosse de rétention de l’atelier et traitées en station après analyses. Les dégâts matériels se limitent au calorifuge de la conduite de vapeur. L’accident est dû à des défaillances humaines et organisationnelles. L’exploitant doit mettre en place des actions de protection (bouchons filetés sur les prises de mesure), des actions préventives (améliorations du mode opératoire, du repérage des vannes sur les conteneurs) et améliorer le management (procédure de réception de nouvelles sphères).