Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une raffinerie qui emploie 2 700 salariés, les analyses sur les prélèvements effectués le 13/01 révèlent des concentrations en légionelles respectivement de 4 800 000 UFC/l et de 310 000 UFC/l dans deux des 25 tours aéroréfrigérantes (TAR) du site, nommées DLL2 et CT17. Dès le 20/01, l’exploitant réalise un traitement choc (chlore, biodispersant) dans son installation et arrête DLL22 le 22/01. Le 23/01/04, le préfet demande par arrêté de mesures d’urgence l’arrêt, la vidange, le nettoyage et la désinfection de la tour aéroréfrigérante DLL2 (dépendant du département logistique des lubrifiants), le traitement sans arrêt de la tour CT17 connectée aux unités craqueur catalytique (FCC) et alkylation, et sous huit jours, des propositions pour la mise en oeuvre d’un nettoyage de cette tour. La vérification des 23 tours du site et des tours des établissements voisins est également demandée. Le 27/01, l’exploitant transmet à l’inspection des IC une note technique présentant le programme en cours et à venir pour le maintien d’une concentration minimum en chlore libre de 0,3 ppm et l’utilisation de biodispersants. Il prévoit ainsi le traitement chimique sous forme de chocs deux fois par jour de l’ensemble des circuits de refroidissement du site et le nettoyage chimique par injection en continue de biodispersant pendant 4-6 semaines afin d’éliminer le biofilm.

Selon l’exploitant, l’arrêt, de plus d’un mois, de l’unité catalytique pour nettoyage du circuit de refroidissement impose des régimes potentiellement à risque (t°C et P élevées, rejets atmosphérique de SO2 et de poudre de catalyseur) avec la mise en oeuvre de procédures opératoires complexes non routinières pour le personnel. Le 28/01, un arrêté de mesures d’urgence exige l’arrêt de la TAR CT17 afin qu’elle soit vidangée, nettoyée et désinfectée. On arrête les installations du FCC le 02/02 et les cellules de CT 17 le 4/02. Les mêmes opérations sont programmées pour l’unité d’alkylation avec 3 jours de décalage, et ce, pour des raisons de ressources et de gestion des flux. La vidange des circuits concernés impliquent 4500 m³ d’eau. La CT 17 redémarre le 18/02, après 16 jours d’arrêt. Les résultats d’analyses des 26/02 et 11/03 donnent des concentrations en légionelles inférieures à 50 UFC/l. Les opérations de nettoyage et de désinfection, hors coût de supervision, sont de 1,1 M.euros. La perte de revenus d’exploitation s’élève à 7,9 M.euros. Le coût total de l’arrêt est de 9 M.euros.