Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un dimanche à 8h30 dans l’une des 5 salles des machines d’un abattoir de volailles, un agent de maintenance détecte une fuite d’ammoniac (NH3) de réfrigération sur le raccord d’une soupape de sûreté du collecteur haute pression (HP) à l’entrée du condenseur de la salle des machines 3 et 4. L’agent équipé d’un ARI met en sécurité l’unité n° 3 (3,52 t d’NH3) : arrêt des compresseurs, coupure de l’alimentation électrique, isolement de l’arrivée HP au condenseur, renvoi de l’NH3 liquide vers la bouteille moyenne pression (MP) en plaçant les flotteurs en position manuelle. Après passage du liquide du condenseur vers la bouteille MP, il referme et isole les flotteurs.

La fuite maîtrisée, la conduite est réparée en 2 h en présence d’un 2ème agent (soudure du manchon défectueux à proximité d’une bouteille BP) et l’installation est remise en service : ouverture de la vanne d’arrivée au condenseur, étanchéité de la soudure vérifiée, purge d’air du condenseur, mise en service des flotteurs (position auto) et remise sous tension de l’installation. Un violent choc au redémarrage de l’un des compresseurs provoque alors une nouvelle fuite sur son bâti. L’unité est de nouveau arrêtée et un agent en ARI isole le compresseur (HP, MP et BP). Des dommages sont notés sur le compresseur dont le bloc est perforé et l’isolation électrique est activée. Pour redémarrer l’installation, l’opérateur réarme la sécurité de détection NH3, effectue un appoint de 200 kg de frigorigène, vérifie le bon fonctionnement du groupe froid et quitte les lieux. Aucun service de secours n’est prévenu. Alertée le lendemain par le CHSCT du site, l’Inspection des IC constate les faits en présence du SDIS et note la persistance d’une forte odeur d’NH3 dans et autour des bâtiments. Les locaux sont évacués et aérés. Les activités ne reprendront que le lendemain. Une enquête de voisinage révèle que de fortes odeurs ont été perçues vers les habitations les plus proches situées à 90 m. L’accident aurait pu avoir des conséquences plus graves s’il avait eu lieu un jour d’activité normale.

Selon l’exploitant, la rupture du manchon résulte d’une faiblesse du métal due à un serrage excessif de la soupape et un coup de bélier explique la rupture du compresseur. Les automatismes de démarrage et d’arrêt sont modifiés pour éviter les montées en pression des installations. Le détecteur de niveau de la bouteille est remplacé pour prévenir un éventuel blocage mécanique.