Pollution
Humain
Environnement
Economique

Le 19/03, un bac émaillé de H2SO4 à 85 % se perce conduisant à l’arrêt d’un atelier pour 5 jours dans une usine d’explosifs. Compte-tenu d’une autonomie du stockage d’acides résiduels de 4 jours pour la fabrication, 3 wagons loués en février après une fuite sur un bac d’acides résiduels et non encore renvoyés sont réutilisés et 3 wagons supplémentaires sont loués. Rempli à 50 % d’acide résiduel de fabrication du dinozèbe le 26/02, le wagon 2 est complété le 23/03 avec de l’acide résiduel issu de la fabrication de DNTCBB (dinitro 2-6 tertiobutyl 4 chlorobenzène), intermédiaire phytosanitaire. Le 27/04, des vapeurs nitreuses se dégagent par le trou d’homme du wagon 2. Le POI est déclenché. Le wagon calorifugé est refroidi avec des lances d’arrosage. Un rideau d’eau est utilisé pour tenter de disperser le nuage de vapeurs nitreuses qui s’étend sur 30 m de haut et 180 m de long. Le wagon explose cependant, son calorifugeage et ses évents fermés ayant aggravé la situation. Un aérosol acide est projeté à plus de 135 m, des débris métalliques de 3 kg atteignent 195 m et 15 m³ de matières se déversent sur le sol. Deux ouvriers incommodés en limite du site sont soignés sur place. Malgré les projections, 3 sauveteurs situés à 25 m sont indemnes. Les pollutions du sol et de l’OUVEZE sont limitées, les épandages étant neutralisés avec du carbonate de calcium.

Après enquête, il est montré qu’à température ambiante et dans des conditions adiabatiques, une réaction de décomposition du dinozèbe démarre après 15 jours de mise en contact avec les acides résiduels de fabrication de DNCTBB avec formation de vapeurs nitreuses. Une réaction de décomposition lente s’est produite durant le mois de stockage entre le contenu du wagon et des traces de dinozèbe avec montée en pression du wagon étanche et calorifugé. L’accident est dû à un nettoyage insuffisant du wagon entre 2 utilisations, le contact de matières incompatibles ayant déclenché la réaction intempestive. Des mesures sont prises pour les autres wagons contenant les mêmes acides : ouverture des trous d’homme, épingles de refroidissement des wagons… Le recours à des stockages mobiles temporaires sans cuvette de rétention n’était pas autorisé et les activités de stockage et de retraitement des acides usagés n’avaient pas fait l’objet d’étude des dangers. Les dégâts matériels s’élèvent à 0,36 MF (soit 50 k€ en 2013).

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