Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une explosion et un incendie se produisent la nuit dans un atelier de synthèse de toluène di-amine (TDA) par hydrogénation du dinitrotoluène (DNT) en présence de nickel de Raney, en arrêt programmé pour maintenance. Les pompiers internes maîtrisent l’incendie 35 mn plus tard ; 4 employés sont hospitalisés. L’un d’eux, qui manoeuvrait des vannes pour laver à l’isopropanol les réacteurs d’hydrogénation, est brûlé à 40-50 %, il décèdera 15 jours plus tard. L’atelier est détruit : réacteur éclaté, blockhaus abritant l’atelier déformé par l’action conjointe de l’onde de souffle et la projection de fragments, mur en béton armé ouvert, ferrailles tordues, salle de contrôle endommagée… Des vitres sont cassées dans un rayon de 50 à 100 m, l’unité de distillation limitrophe au blockhaus est endommagée et laisse fuir de l’isopropanol et du TDA qui participeront à l’incendie. Des bâtiments de l’établissement industriel voisin situé à 150 m subissent des déformations des structures légères. Les eaux d’extinction sont dirigées vers le bassin d’urgence de l’usine. Le vent disperse les polluants gazeux émis (CO2, CO, NOx et imbrûlés organiques). L’impact sur l’environnement est limité.

D’après l’enquête effectuée, l’explosion est la conséquence de l’envoi de dinitrotoluène pur dans un des réacteurs en cours de lavage par le circuit utilisé lors du démarrage de la fabrication. Deux vannes en série équipant cette ligne d’alimentation en DNT sont en effet retrouvées partiellement ouverte (10°) après l’accident, laissant vraisemblablement passer un débit de 500 à 700 kg/h de produit dans le réacteur. L’exothermicité de l’hydrogénation d’une petite quantité de DNT a probablement amorcé en réchauffant brutalement le milieu réactionnel la décomposition violente du DNT restant.

Pour diminuer la probabilité de renouvellement d’un tel accident, des mesures sont prises pour empêcher l’envoi de dinitrotoluène pur dans le réacteur : suppression de l’arrivée de DNT sur le bac d’injection, ajout de 2 vannes automatiques tout ou rien sur la canalisation d’alimentation en DNT du bac de mélange, fermeture de la liaison (par vanne automatique tout ou rien) entre le bac de mélange et le bac d’injection pendant la phase de lavage du réacteur, modification de la procédure de lavage (passage d’un lavage discontinu à un lavage en continu), aménagement de l’ensemble des réacteurs pour limiter l’intervention du personnel dans le blockhaus…

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