Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un nuage toxique contenant de la 2,3,7,8-tétrachlorodibenzodioxine est rejeté à l’atmosphère sur un site chimique en arrêt pour le week-end.

En fin de poste 6h30 plus tôt, le cycle de fabrication du 1,2,4,5-trichlorophénol est arrêté alors que seuls 15 % (au lieu de 50 %) du solvant (éthylène glycol) ont été distillés. L’agitation est stoppée, le vide est cassé, aucun ajout d’eau n’est effectué, puis l’unité est laissée sans surveillance pour le week-end. A 12h37, après une augmentation progressive de la température et de la pression dans le réacteur, le disque de sécurité taré à 3,8 bar se rompt. L’échauffement de la surface du mélange réactionnel au repos a initié la réaction secondaire exothermique de formation de dioxine. La société n’informe que le lendemain les autorités d’un rejet d’herbicide ; les cultures seront déclarées impropres à la consommation 48 h après et la société ne fait état de dioxine que 10 jours plus tard. Finalement, 11 communes sont atteintes, 2 000 ha sont contaminés. Trois zones sont définies : une zone A (C > 50 µg/m²) de 110 ha dont les 736 habitants sont évacués, une zone B (5 < C < 50 µg/m²) de 270 ha d'où les enfants et les femmes enceintes sont évacués la journée, l'agriculture et l'élevage y étant interdits et une zone R (C < 5 µg/m²) de 1 430 ha. Plus de 250 cas de chloracnée sont diagnostiqués, 220 000 personnes auraient été exposées. Au total 81 000 animaux meurent ou sont abattus. La quantité de dioxine émise sera évaluée entre 0,2 et 40 kg. La décontamination de la zone qui commence 6 mois plus tard, durera 5 ans. La terre superficielle, les constructions abattues et les dépouilles des animaux sont enfouis dans 2 fosses, en zone A. Les déchets et matériels de l'usine sont mis en fûts pour être incinérés. Un an après, 511 personnes de la zone A rentrent chez elles et la zone R est rendue à l'agriculture. En 1984, la zone A est décontaminée et la zone B redevient constructible. L'usine est démantelée. En 1985, les responsables de l'usine sont condamnés à des peines d'emprisonnement avec sursis allant de 2,5 à 5 ans. La société verse plus de 240 M$ aux habitants et communes concernés. Les études épidémiologiques ne permettent pas d'établir un lien certain avec toute pathologie à long terme (cancers, malformations...), seule une augmentation de la proportion de naissances de filles par rapport à celle de garçons est observée.

Télécharger la fiche détaillée au format .pdf (312 Ko)