Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare dans un entrepôt de phytosanitaires au sud de Bâle (halle 956). Les secours sont en action depuis 20 min quand des pompiers de sites voisins interviennent en renfort. Les flammes hautes de 80 m sont visibles à plus de 10 km. Des mercaptans dans les fumées entraînent une odeur d’oeufs pourris et le RHIN est pollué. Le bassin de rétention aménagé sur le site ne pouvant en effet contenir que 50 m³ d’effluents, 10 à 15 000 m³ d’eau d’extinction sur les millions de litres d’eau déversés vont s’écouler 28 h par le réseau des eaux usées dans le fleuve qui se teinte en rose (fushine…) ; 30 t de produits toxiques (insecticides, mercure…) anéantissent toute vie aquatique sur plus de 250 km.
Le délai entre le début du sinistre, puis l’alerte des bâlois et des pays riverains indignera vivement l’opinion publique. Depuis le sinistre, les centres opérationnels locaux ont défini une procédure locale. Une nouvelle organisation sécurité / environnement du groupe industriel est mise en place avec des renforts humains et matériels par division opérationnelle. Le 12/11, les ministres de l’Environnement des pays riverains se réunissent à Zurich pour convaincre la Suisse d’adopter une législation similaire à la directive SEVESO et de financer la restauration du fleuve. La Suisse adopte une législation proche de cette directive, renforçant ainsi la sécurité des sites industriels et améliorant les échanges d’informations entre pays riverains en cas d’accident. Le 1/10/1987, la Commission internationale pour la protection du RHIN (CIPR) adopte le programme d’action RHIN (PAR) 2000, un plan ambitieux de reconquête de la qualité du fleuve. Le coût des mesures de nettoyage, décontamination ou réhabilitation de l’environnement dépasse les 257 MF, soit 39 M€. La CIPR exploite désormais 6 centrales d’alerte qui surveillent en continu un tronçon du Rhin et 2 autres pour la Moselle. Cette catastrophe environnementale sera aussi à l’origine des SAGE et SDAGE en France.
Selon les autorités, le sinistre aurait sans doute pour origine l’inflammation d’une palette de “bleu de Prusse”. Des essais réalisés par l’exploitant ont montré que cette poudre bleue foncée à base de sels de fer et de ferrocyanure de potassium, au point éclair relativement bas (230 °C), pouvait se consumer plusieurs heures sans flamme et sans odeur avant de s’enflammer. Cette substance faisait l’objet d’un stockage particulier, les palettes étant emballer dans un plastique thermo-rétractable chauffé avec un pistolet spécial. L’opération était à réaliser à l’extérieur et suivie d’une 1/2 journée d’exposition au grand air, pratiques permettant d’identifier un début de combustion et d’éviter un stockage à côté d’autres produits toxiques / inflammables dans la halle 956 ; 10 t ont été emballées le 30/10 sous la halle, avec un thermoformage réalisé à 30 cm, puis le produit avait été stocké près de 23 t d’un insecticide et de 60 t d’un herbicide, très inflammables et toxiques.

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