Pollution
Humain
Environnement
Economique

Une explosion se produit à 1h30 dans une chaufferie urbaine (500 MW, 6 000 m²), l’énergie dissipée dans le sol est estimée à l’équivalent d’une charge de 50 kg de TNT. Mise en service en 1987, cette chaufferie comporte 5 chaudières (2 au charbon, 2 mixtes charbon/gaz et 1 au gaz). Au cours du poste précédent, plusieurs tentatives de démarrage d’une chaudière mixte échouent. Ne parvenant toujours pas à la redémarrer et les manomètres d’arrivée de gaz indiquant une pression nulle, le chef de quart de l’équipe de nuit donne l’instruction d’ouvrir les 2 vannes quart de tour de sectionnement de l’arrivée de gaz sur le circuit principal. La pression indiquée restant nulle, il demande alors au conducteur de chaudière d’ouvrir un obturateur guillotine puis une vanne papillon pour permettre l’alimentation de la chaudière mixte en gaz. Cette opération entraîne une fuite importante de gaz. Une chaudière au gaz est arrêtée d’urgence et 2 opérateurs sortent pour couper l’alimentation générale au poste de détente, à 110 m du bâtiment, lorsque l’explosion survient.

L’un des 5 employés est tué. Une fillette de 10 ans habitant à 40 m de l’usine décèdera 4 jours plus tard des suites de ses blessures ; 59 autres riverains sont blessés. L’installation est ravagée. Les quartiers voisins subissent d’importants dommages, 600 personnes sont en chômage technique et 250 riverains sont à reloger. En attendant leur connexion sur des réseaux voisins 140 000 usagers et 2,2 Mm² de bureaux sont privés de chauffage et d’eau chaude. Le fonctionnement de grands réseaux informatiques climatisés par la centrale est perturbé. Les dommages sont évalués à 544 MF (83 M.euro). Selon les résultats de l’enquête, 3750 Nm3 de gaz auraient été relâchés jusqu’à ce que le service du gaz coupe l’alimentation 30 min après l’explosion.

Les manomètres défaillants auraient pu avoir été endommagés par une surpression antérieure à l’accident. Les interventions du chef de quart ne devaient être réalisées que par le service de maintenance ; en cas d’urgence, les opérateurs de la centrale devaient demander l’intervention du service du gaz. L’obturateur n’était pas conçu pour être manipulé sous pression et la vanne papillon en amont de l’obturateur guillotine aurait été manipulée par le conducteur de chaudière alors que l’obturateur était resté en position intermédiaire, position dans laquelle il n’est plus étanche car les brides sont légèrement écartées. Le nuage de gaz s’est alors enflammé au contact de la chaudière à charbon en service au moment du sinistre. Par ailleurs, aucun scénario de fuite et d’explosion de gaz n’était évoqué dans l’étude de dangers du site. Les risques liés aux poussières de charbon n’y étaient pas non plus abordés. Le comportement des poussières a probablement contribué à la violence de l’explosion.

Le 5 mai 2004, le juge d’instruction de la Cour d’appel de Versailles conclut à un non-lieu.

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