Pollution
Humain
Environnement
Economique

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Vers 3 h, au sein d’une entreprise de recyclage de déchets, un feu de masse se déclare dans un stockage extérieur de 50 000 m³ de copeaux de bois (24 m de hauteur situé en limite de propriété de l’établissement. Un important dégagement de fumées est visible au-dessus de la zone urbaine et de l’A11. L’accès au site est difficile pour les pompiers et leurs engins en raison du volume du tas. Le vent propage les flammes. Un expert spécialisé dans les feux de masses est sollicité. L’appui de la CASU (cellule d’appui aux situations d’urgence) est demandé pour fournir des modélisations de la dispersion des fumées. Des analyses de la qualité de l’air sont effectuées en raison de la présence d’enjeux humains à proximité (établissement de santé à 400 m, A11 à 300 m). La présence de cyanure, phénol et benzène est détectée dans les fumées.

Deux jours plus tard, les pompiers sont confrontés à un épuisement du réseau d’approvisionnement en eau potable de la commune de 1350 habitants. Le château d’eau est en cours de remplissage, avec une surchloration du réservoir et une interdiction de la consommation de l’eau sur la commune. Des bouteilles d’eau sont mises à la disposition des habitants. Les secours déploient 4,5 km de tuyaux alimentés à partir d’un poteau incendie situé dans une ZI voisine.

Des sondes de 2 m sont utilisées pour prendre la température dans le tas. Des tiges de 6 m permettent de prélever des copeaux au cœur et les analyser. Une localisation des foyers par carottage est effectuée. La stratégie adoptée est d’araser progressivement le tas, d’étaler les déchets et de les arroser. Ils sont ensuite déposés en transit dans un champ voisin pendant 48 h pour refroidissement. Puis, ils sont envoyés vers une installation de stockage ou vers une usine de fabrication de panneaux.

Conséquences et suites données

Les 3 500 m³ d’eaux d’extinction utilisés sont confinés dans un bassin de 1 000 m³ disponible sur site, complété de 3 bassins mobiles et un bassin de 1 000 m³ disponible dans une ancienne station d’épuration à proximité. L’intervention dure 4 semaines et nécessite des moyens humains (70 pompiers venus de 8 départements au plus fort de l’intervention) et techniques conséquents. Le bilan économique est très lourd. La CASU met en place des jauges dans l’environnement et des préleveurs exploités dans le cadre de la phase post-accidentelle. Un arrêté préfectoral de mesures d’urgence est pris.

Analyse des causes

Une fermentation dans le tas de copeaux de bois serait à l’origine du sinistre. Les épisodes combinés de chaleur et de pluie des jours précédents ont accéléré cette fermentation, créant des gaz et parfois des échauffements. La combustion a pu démarrer plusieurs semaines avant la date de détection, sans signe extérieur.

L’arrêté préfectoral du site mentionne un tonnage maximum autorisé de 5 120 m³ tous matériaux confondus, dont seulement 370 m³ pour le bois. Or, 50 000 m³ de copeaux de bois étaient présents. Selon l’exploitant, ce dépassement est dû à une fragilisation de la filière bois (diminution des capacités de consommation des chaudières et fabricants de panneaux d’aggloméré).