Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare vers 2h30 dans un bâtiment de tri de 2 000 m² d’un centre de traitement de déchets mis en service en 2010 sur un terrain isolé de 18 ha sur une zone industrialo-portuaire. En quelques minutes, les flammes attisées par le vent propagent le feu à une zone de stockage et maturation de compost (4 000 t sur 8 000 m²). Des escarbilles incandescentes sont aspirées par les ventilateurs qui maintiennent les bâtiments en dépression, propageant l’incendie à l’installation de traitement et désodorisation de l’air (biofiltres sur 3 000 m²). En moins de 1 h, le sinistre gagne 1 autre zone de tri de 5 000 m² contenant des plastiques.

Le feu progresse à la faveur de bandes convoyeuses traversant des murs coupe-feu et de la charpente en bois lamellé-collé qui recouvre ces derniers. La chute de matériaux de charpente enflammés met le feu à 2 fosses de déchets ménagers (27 000 m³ sur 20 m d’épaisseur) vers 6h30. Un important dispositif est déployé (140 pompiers et 40 engins) dans des conditions difficiles : importance de la protection à assurer (digesteurs biogaz, incinérateur), débris des structures partiellement effondrées, conditions météo, fumée épaisse et persistante. Les eaux d’extinction sont contenues sur le site et réutilisées en circuit fermé. Le feu est circonscrit dans la soirée. L’incendie des fosses, du biofiltre et du toit de la gare du site est éteint le 04/11 au soir. Une surveillance est maintenue jusqu’au 08/11. Malgré l’abondante fumée émise principalement en direction de la zone industrielle, aucun risque immédiat n’est relevé pour la population.

Un organisme spécialisé dans la gestion des situations d’urgence est sollicité. Des prélèvements d’air, d’eaux, de sol et de végétaux sont réalisés pour déterminer un éventuel impact environnemental du sinistre (paramètres analysés : DCO, HAP, phtalates, PCB, dioxines/furannes, métaux). Une campagne de surveillance du milieu marin est également menée. Les analyses ne montrent pas d’impact significatif des effets de l’incendie sur l’environnement.

Les centres de tri primaire et secondaire ainsi que le biofiltre et les 3 bâtiments les abritant (18 000 m² au total) sont détruits. Deux digesteurs et l’incinérateur ont été préservés. Une ligne d’incinération (caisson d’entrée d’air primaire d’un four) est endommagée vers 6 h par une explosion de CO consécutive à la mise à l’arrêt du four 3 h plus tôt. Les dommages matériels et pertes de production s’élèvent à plusieurs dizaines de millions d’euros. Une partie des déchets habituellement traités par le site sont envoyés dans d’autres centres. Le site fonctionne à 85 % de ses capacités pendant 18 à 24 mois. D’après la presse, les experts en assurance s’accordent sur un acte de malveillance.

L’analyse de la propagation rapide du sinistre révèle plusieurs défauts de conception des installations (choix esthétiques ?) :

  • Murs coupe-feu ne dépassant pas en toiture et traversés de convoyeurs pour partie seulement équipés de rideaux d’eau
  • Nombreux éléments combustibles (éléments de façade, charpentes en bois, PVC…)
  • Surfaces de désenfumage et compartimentage insuffisants
  • Malgré 200 détecteurs de fumée ou de flamme répartis dans les bâtiments et locaux électriques, aucun dans la zone du départ de feu. L’alerte est donnée par un détecteur dans un local électrique au 1er étage du bâtiment, alors que l’incendie a déjà pris de l’ampleur
  • Bassins d’alimentation en eau suffisants en quantité mais mal conçus lors de la reconstruction
  • Les moyens de lutte incendie seront renforcés : création d’une équipe de seconde intervention (avec ARI), ajout d’une lance canon de 2 000 l/min avec 2 réserves de 1 000 l d’émulseur, ajout de prises d’eau pompiers dans les réserves, doublement des canon à eau autour de la fosse à déchet et des trappes de désenfumage.

    Le plan d’intervention interne est mis à jour avec les pompiers et la salle de contrôle commande est mise à l’abri des fumées. Le site renforce également les dispositifs de protection du bâtiment contre les intrusions.

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