Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un feu se déclare vers 13 h dans un entrepôt classé Seveso seuil haut de produits d’hygiène en aérosols. L’entrepôt contient environ 4 000 palettes de bombes aérosols dont la composition moyenne est de 60 % en poids de GPL et 40 % d’éthanol. Il contient également un nombre équivalent de palettes de colorants liquides pour cheveux et de shampoing en bouteilles plastiques. Les palettes, stockées sur des racks jusqu’à 6 niveaux de hauteur sont transportées à l’aide de chariots élévateurs à fourche, électriques. Le feu est découvert de façon précoce mais les secours internes qui interviennent avec un extincteur ne parviennent pas à le maîtriser. L’alarme est déclenchée et une dizaine d’employés s’échappe de l’entrepôt en une quarantaine de secondes. Les enregistrements de vidéosurveillance montrent que la première explosion contribue au développement ultra-rapide du feu, la fumée envahissant l’ensemble du bâtiment en 80 secondes. La seconde explosion se produit 150 secondes après le déclenchement de l’alarme et souffle une partie du toit. Les caméras placées sur les bâtiments voisins sont secouées. Environ 20 min après l’alarme, la structure des colonnes du bâtiment commence à s’effondrer. Les secours établissent un périmètre de sécurité, interrompent la circulation et confinent les riverains et les établissements scolaires proches. Ils utilisent de l’eau pour refroidir les bâtiments environnants et éviter la propagation mais n’arrosent pas le bâtiment impliqué dont l’incendie ne peut plus être éteint.

L’utilisation contrôlée de l’eau permet d’éviter une pollution des eaux de la rivière proche. Néanmoins, environ 200 poissons meurent, victimes de l’écoulement des détergents et shampoings entraînés après l’incendie dans la rivière surtout par les eaux de pluie. Les dégâts matériels s’élèvent à 12 million d’euros, environ 30 % du stockage est détruit. Le feu n’est éteint que le 07/11.

L’administration en charge de la sécurité au travail enquête. L’endommagement de bombes palettisées par les fourches d’un chariot élévateur aurait créé la fuite initiale de gaz qui se serait enflammée au contact de l’engin. Les zones de stockage ne sont pas considérées comme zones devant répondre à la directive ATEX et les chariots ne sont donc pas protégés contre le risque d’atmosphère explosive. Par ailleurs, l’entrepôt n’était pas sprinklé.

Cet accident montre qu’en présence d’un grand nombre de bombes aérosols, les chariots élévateurs non protégés présentent un risque important en cas de fuite des bombes. L’incendie qui se déclare peut se propager très rapidement impliquant la nécessité de planifier des mesures d’urgence. Des exercices d’évacuation doivent être organisés régulièrement. Une attention particulière doit être portée aux stockages comportant plusieurs niveaux à partir desquels l’évacuation est plus difficile et l’accumulation des fumées plus importante en cas de sinistre.

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