Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 19h20, lors d’une injection de naphta provenant d’une raffinerie, une canalisation en acier ( DN 500 – 62 bar – Ep:7mm) se rompt sur un site de stockage souterrain d’hydrocarbures en cavités salines au coeur du Parc Naturel du Luberon. Un bruit sourd et une baisse de pression alertent les employés ; 400 m³ de naphta s’écoulent par la brèche vers une rétention de 5 000 m³ localisée plusieurs centaines de mètres en aval, bassin duquel 200 m³ de produit s’échappent par 2 martelières restées ouvertes et qui ne seront fermées que 27 min plus tard.

Le POI est déclenché vers 19h30. Le personnel est évacué et le gardien victime d’un malaise est hospitalisé.

Face au risque d’allumage du nuage inflammable formé sur le trajet d’écoulement du naphta, la préfecture active une cellule de crise et déclenche le PPI à 22 h ; 75 pompiers, une CMIC, une unité spécialisée de dépollution et une vingtaine de gendarmes sont mobilisés. Un périmètre de sécurité de 1 000 m est mis en place, la circulation est interrompue sur 2 axes et 282 habitants de 2 communes sont évacués. Les secours épandent un tapis de mousse à la surface du liquide contenu dans la rétention et installent des rideaux d’eau pour abattre le nuage. Deux pompiers incommodés sont placés sous oxygène.

Quatre barrages flottants sont posés sur l'”AUSSELET” et la “LARGUE” fortement impactés sur 5 km. A 4 h, la plupart des habitants regagnent leur logement, mais les captages d’eau de 3 communes sont suspendus.

Une société spécialisée pompe 150 m³ de naphta. Après dispersion du nuage, le PPI est levé à 18 h et les dernières personnes évacuées regagnent leur domicile.

Les terres entourant la canalisation défectueuse enfouie à 2 m de profondeur sont excavées ; une brèche de 3 m de longueur est localisée sur la génératrice inférieure entre 2 soudures circulaires. L’ouvrage reliant la station de pompage au puits, rééprouvé en 2003 à 73 bar, disposait d’une protection cathodique.

Des impacts faunistique et floristique sur des milieux remarquables protégés étant constatés (mortalité de mammifères, batraciens et invertébrés), une évaluation est réalisée (faune, flore, eau, sédiments, sol/sous-sol, écotoxicité et génotoxicité) complétée par un renforcement du suivi des eaux superficielles et souterraines.

Le tube défectueux expertisé présente une corrosion de type “caverneuse” (corrosion par aération différentielle) généralisée sur une bande de 50 mm avec perte d’épaisseur (1 mm en moyenne et plus de 3,5mm localement).

L’exploitant définit une première série de mesures correctives pour remédier aux dysfonctionnements relevés : motorisation des martelières avec commande à distance et report en salle de contrôle, asservissement de celles-ci aux détecteurs de chute de pression, modification des équipements d’isolement des tronçons de canalisation en cas de fuite, multiplication des détecteurs d’hydrocarbures, contrôle de l’état et de l’étanchéité des martelières.

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