Pollution
Humain
Environnement
Economique

Lors de travaux de maintenance, une fuite a lieu à 14h26 sur un joint dans une station de blocage près du raccordement d’un pipeline d’éthylène desservant plusieurs usines et une bifurcation alimentant une usine de matières plastiques.

Une caméra de surveillance fixe enregistre les faits dès 14h28. La vanne hydraulique télécommandée locale est fermée à 14h30, mais l’éthylène s’enflamme. A 14h32, les secours internes refroidissent des réservoirs d’acrylonitrile proches, en aluminium et entourés d’une enceinte en béton. Le transfert d’éthylène est stoppé, la vanne d’injection est bloquée et le gaz résiduel est orienté sur un brûleur. La pression chute de 83 bar à quelques mbar en 12 min, la température de l’éthylène de 16 °C à -30 °C. Haute de 4 m, la flamme diminue avant de se raviver à 14h38, atteignant la vanne hydraulique à 2 m du joint. La réactivation des flammes serait liée à la destruction du réservoir de liquide hydraulique de la vanne exposée à la température élevée. La vanne et le bipasse brûlent quelques secondes plus tard. L’éthylène dans le bipasse et le pipeline, à 83 bar de pression et fortement chauffé, se décompose entrainant une hausse très importante de température et de pression. Le bipasse détruit, le pipeline n’est plus isolé. La vanne suivante à 11 km a été fermée 2 min avant, mais les 200 t d’éthylène du tronçon brûlent, formant une flamme de 30 à 40 m de haut (14h43) qui ne sera éteinte qu’à 19h26. Les secours externes sont sur les lieux à 15 h. Par effet domino, le flux thermique (2 000 °C) atteint l’un des réservoirs d’acrylonitrile à 10 m ; son toit non protégé par l’enceinte en béton, commence à fondre. A 16h30, les flammes sur ce dernier atteignent 16 à 20 m.

Les habitants doivent rester chez eux. Avec l’ascendance thermique, la fumée monte jusqu’à 700 m ; les mesures de polluants montrent que les seuils de détection (2-5 ppm pour NOx et 2 ppm pour HCN) n’ont pas été dépassés.

Le réservoir brûle jusqu’au niveau de l’acrylonitrile (6 m sous toit). Un mélange d’eau et d’acrylonitrile se répand entre la paroi de béton et le réservoir, le béton se fissure. Le réservoir menace de s’effondrer, les secours (1 180 pompiers) utilisent de la mousse et éteignent l’incendie à 23h50 ; 300 t d’éthylène et 1 200 t d’acrylonitrile ont brûlé.

Les 2 expertises réalisées concluent à une décharge électrostatique et donnent des recommandations sur les distances à maintenir entre canalisations de gaz inflammables et réservoirs de liquides inflammables, ainsi que pour améliorer la sécurité des raccordements de pipeline. L’administration régionale met en place un programme de contrôle des canalisations similaires proches des sites SEVESO. L’application éventuelle de ces recommandations pourrait entraîner de nouvelles inspections, l’actualisation de rapports de sécurité et des adaptations pour satisfaire ces nouvelles exigences.

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