Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans un site de production de biogaz par valorisation de déchets organiques, une émanation de sulfure d’hydrogène (H2S) tue 3 employés et un conducteur de camion venu décharger des déchets issus d’un abattoir. Une personne sérieusement intoxiquée est hospitalisée. La concentration extrêmement élevée en H2S dans le hall complique l’intervention des pompiers dont une dizaine souffrira d’intoxication plus ou moins légère. Une longue aération (plus de 24 h) sera nécessaire avant d’autoriser l’accès au bâtiment.

Arrivé le soir, le camion en provenance des Pays-Bas stationne devant l’établissement jusqu’au lendemain matin. Le drame se produit vers 6 h alors que le chargement du camion est déchargé à l’intérieur d’un hall fermé pour limiter les nuisances olfactives, dans une fosse de 100 m³ équipée de 2 agitateurs et dont le couvercle ne peut être fermé en raison de la défaillance du moteur électrique qui l’actionne. Les matières déchargées, déchets liquides chargés en sulfures, de pH proche de 8,5 et d’une température de 60 °C, sont des boyaux et des viscères de porc ; elles avaient été chargées 24 h plus tôt et étaient analogues aux déchets habituellement livrés 1 à 2 fois par semaine par l’établissement d’origine. La réaction entre ces substances et les matières déjà présentes dans la fosse (déchets animaux ou de laiteries, de pH peu élevé d’après les analyses effectuées après l’accident) serait à l’origine d’un fort dégagement d’H2S. La température du milieu et le fonctionnement de l’agitation auraient favorisé la dispersion du gaz toxique dans le hall de déchargement. Par ailleurs, le dispositif d’extraction situé en fond de fosse qui rejette l’air vicié à l’extérieur via un biofiltre se serait montré insuffisant au regard des quantités d’H2S formées.

Des mesures techniques de sécurité sont mises en place au niveau des agitateurs et des couvercles pour stopper toute exploitation des mélangeurs si le couvercle n’est pas fermé. Deux nouvelles lignes sont créées pour les substances liquides ; celles-ci seront injectées directement au niveau du mélangeur sans passer par la fosse. Le système de ventilation est optimisé, des détecteurs de gaz sont installés, les stockages intermédiaires (nuit, week-end) ne se feront plus dans la fosse et les mélanges de matériaux seront évités autant que possible. Les employés sont formés.

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