Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 11h20, une explosion se produit dans l’un des bâtiments d’un établissement Seveso fabriquant des feux d’artifices. Prolongé par un auvent, le bâtiment impliqué comporte 2 parties séparées par un mur fort. Selon le dirigeant, 2 personnes sous l’auvent du bâtiment commencent le montage des bombes de diamètre 60 mm (poudre + étoiles dans une coque en plastique) pour la réalisation de quelques chandelles. Ces dernières stockées, après montage, dans la première partie du bâtiment, sont considérées comme relevant de la division 1.3 (laquelle ne conduit pas a priori à détonation). Dans la 2ème partie, est réalisé le remplissage des fûts (composés d’une alternance de bombes et de matière active utilisée pour leur éjection) qui sont ensuite envoyés vers un autre bâtiment. Selon les témoignages recueillis, l’accident se déroule en 2 phases : une première explosion suivie très peu de temps après d’une seconde, plus violente et accompagnée d’une épaisse fumée blanche. Les 2 employés travaillant dans ce bâtiment au remplissage des bombes ou au montage sont tués ; leurs corps sont retrouvés à 20 et 25 m. 2 autres personnes sont légèrement blessées (troubles auditifs) dans des bâtiments proches. Les dommages matériels témoignent de la violence de l’explosion ; 14 des 27 bâtiments pyrotechniques sont totalement ou partiellement détruits, 9 sont endommagés et 5 autres bâtiments devront être rasés. Le bâtiment impliqué est réduit à néant, un cratère de 3 x 1,5 x 0,5 m de profondeur est visible dans le socle béton. Un chariot de 50 kg a été projeté à 150 m, des morceaux de murs à 50 m. Les casemates stockant les substances explosives ont été atteintes légèrement. Aucun effet domino n’a été observé. Peu d’impacts sont constatés à l’extérieur, à l’exception de la plus proche habitation (vitres brisées). Un chômage technique est envisagé pour 2 personnes. Une enquête judiciaire et administrative est effectuée pour déterminer les causes de l’accident. Sur proposition de l’inspection, le Préfet prend un arrêté d’urgence demandant notamment l’arrêt de la fabrication, l’évacuation des produits finis, la remise en état des locaux pour assurer le stockage des substances pyrotechniques dans la limite de leur timbrage, la séparation des lieux de stockage entre produits commercialisés et intermédiaires…

Au vu des effets constatés, la matière pyrotechnique aurait détonné ; l’équivalent TNT est estimé à 15-30 kg. L’origine de la prise en feu n’est pas connue, elle aurait toutefois pu être aggravée par des configurations interdites dans le bâtiment (porte entre les 2 locaux ouverte avec effet relais du chariot de manutention ?). Le risque présenté par les produits stockés habituellement dans ce local aurait mal été évalué (risque de détonation non retenu, malgré 1 stockage « en vrac » dans un local confiné…)

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