Pollution
Humain
Environnement
Economique

Un débordement du RHÔNE, causé par de fortes pluies, inonde une papeterie implantée dans une zone industrielle. L’établissement classé seveso seuil haut qui produit de la pâte à papier kraft de résineux blanchie par de l’oxygène, de l’eau oxygénée ou du dioxyde de chlore stocke aussi de la liqueur noire, du fioul, du méthanol, du chlorate et plusieurs tonnes de bois. A la suite de 3 inondations survenues en 2002 et 2003, où le niveau du RHÔNE avait atteint jusqu’à 10,27 m NGF (Nivellement Général de France), des mesures ont été prises dans l’établissement : risque inondation intégré dans l’étude de dangers, rédaction de consignes de mise en sécurité du site, ateliers de production, chaudières à liqueur noire et turbines relevés à respectivement 10,56 m, 15 m et 21 m NGF, stockages équipés de cuvettes de rétention de 0,7 m, cuves ancrées, matériel électrique placé hors d’eau, canalisations montées sur racks (seules les canalisations d’eau étant enterrées). Alerté des risques d’inondation par les pompiers le 1er décembre, l’établissement tourne à effectif réduit dès le lendemain et, face à l’inexorable montée des eaux, met en application une procédure d’alerte en fonction des hauteurs d’eau : à 6,4 m NGF, mise en place d’une baudruche de diamètre 600 mm sur la tuyauterie afin d’empêcher la surverse des eaux pluviales vers les effluents acides ; à 9 m NGF, évacuation du personnel et mise en sécurité du site par 25 employés (arrêt total des installations, mise hors d’eau des équipements exposés). Le niveau du RHÔNE atteint 10,50 m NGF le 2 décembre à 15 h et 11,30 m NGF le 3 à 15h30. Le site étant totalement inondé, des déplacements en bateau sont effectués pour vérifier la bonne marche des sécurités sur les installations. Malgré la coupure des liaisons informatiques, électriques et téléphoniques, l’exploitant reste joignable par téléphone mobile tout au long des événements. Le courant entraîne 4 500 t de bois (qui arrachent la clôture) et des conteneurs vides ou peu remplis (moins de 3 m³) ; en revanche, l’ancrage des cuves de stockage se montre efficace. L’impact sur l’environnement est limité en l’absence de fuites de produits chimiques. Les dommages matériels, pertes de production et coûts de remise en état du site sont estimés à 11 Meuros : 6 000 t de bois et 2 000 t de pâte à papier sont souillées ou emportées par le courant, 400 moteurs noyés sont démontés et nettoyés, des postes électriques sont endommagés et les archives sont séchées par cryogénie.

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