Pollution
Humain
Environnement
Economique

Le 28/11/2003, on recense 2 cas de légionellose dont les 1er symptômes remontent au début novembre. Les dates d’apparition de la pathologie, échelonnées par la suite dans le temps, font apparaître 2 vagues de contamination avec 86 personnes contaminées âgées de 32 à 92 ans dont 18 décédées. Les cas se sont déclarés dans un rayon de plus 10 km autour de Lens. La DDASS procède à des enquêtes environnementales au domicile des malades et dans plusieurs établissements recevant du public. A la demande de la DRIRE, tous les exploitants disposant des tours aéroréfrigérantes (TAR) dans la zone incriminée, prennent des mesures pour identifier la présence éventuelle de légionelles et nettoyer leurs circuits. Le 15/10, l’exploitant d’un site chimique spécialisé dans les alcools et acides gras, réalise un prélèvement dont les résultats révèlent une concentration en légionelles de 730 000 UFC/l. Après un traitement choc aux biocides, des analyses 15 jours plus tard donnent une concentration inférieure à 100 UFC/l. Le 20/11, de nouveaux contrôles établissent que le niveau des 600 000 UFC/l est atteint. Le 29/11, l’arrêt des TAR de l’établissement chimique est demandé au vu des analyses. Dès le 03/12, les circuits sont vidangés et nettoyés. La remise en fonctionnement a lieu le 22/12. Le 02/01, un arrêté préfectoral enjoint à l’exploitant de cesser ses activités une nouvelle fois en raison de l’apparition d’une 2ème vague épidémique. Les travaux de nettoyage sous haute-pression pourraient avoir entraîné la dispersion d’un aérosol contaminé. Dans le même temps, le Préfet demande à la DRIRE d’étendre les investigations, recensement des TAR notamment, dans 53 communes voisines et impose l’arrêt de plusieurs installations (stations de lavages automobiles, industrie agroalimentaire, entrepôt frigorifique…) mettant en chômage technique des centaines d’ouvriers durant plusieurs jours. Bien qu’une similitude soit notée entre les souches prélevées sur 23 des patients et celles présentes dans la TAR du site pétrochimique, d’autres sources de contamination ne sont cependant pas écartées. Des teneurs élevées en légionelles dans les lagunes de cette usine imposent l’arrêt des aérateurs le 20/01. La perte de chiffre d’affaires de ce site s’élèverait à plusieurs millions d’euros correspondant à un arrêt de production de 14 semaines. Un arrêté préfectoral autorisant le redémarrage des tours est pris le 19/03/04, mais l’usine ne reprendra pas ses activités.

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