Pollution
Humain
Environnement
Economique

Dans une sucrerie, 4 explosions et un feu de cuvette ont lieu à 16h42 à la suite de tests de pompes réalisés jusqu’à 16h15 avec transfert de 15 m³ d’alcool dans une cuve vide et dégazée de 1 500 m³. Vers 16 h, le personnel nettoie le bac (F10) puis disperse sur son fond 50 kg de permanganate de potassium (KMnO4) en poudre destiné à neutraliser les traces de composés soufrés présents dans l’alcool. Il transfère ensuite gravitairement l’alcool dans le bac et l’opération terminée, quitte le stockage vers 16h35. Le bac explose à 16h42, projetant son toit à plus de 10 m de haut. Ce dernier retombe sur le toit d’un bac voisin (R8). Le bac F10, ainsi que sa cuvette de rétention contenant d’autres bacs, sont en feu. Un troisième bac (MG11) voisin de F10 explose à son tour à 16h52 et son toit atterrit à une trentaine de m sur le stockage de pierres à chaux. Les responsables sécurité de la distillerie, alertés par les premières explosions, déclenchent les moyens fixes : lance monitor du parc alcool en position ouverte en mousse, couronnes des silos voisins ouvertes en eau, couronnes des cuves du parc alcool ouvertes à la demande en mousse ou en eau à partir des postes de répartition à proximité des cuvettes. A 16h55, 2 autres bacs proches des précédents (J6 et J7) explosent en se déchirant au niveau du toit. Le POI est déclenché à 17h01. Dès leur arrivée, les pompiers renforcent les moyens fixes pour éviter la propagation à la cuvette de rétention voisine ; 120 employés et 90 pompiers sont sur place et le PC exploitant, activé à 17h10, sollicite les conventions d’assistance émulseur (industriels voisins et fournisseurs). Les flammes régressent dès 17h10 et à 17h15, le feu est circonscrit bien que la couche de mousse soit percée à de nombreuses reprises par les flammes. A 17h55, l’incendie est maîtrisé, à 18h40, le feu est éteint et une caméra thermique est utilisée pour surveiller le refroidissement des structures. Le POI est levé à 19h30. Une surveillance est maintenue jusqu’au lendemain 8 h.

Les pertes d’exploitation sont évaluées à 2,13 Meuros et les dommages à 2 Meuros : bacs de 1 500 m³ (F10) (structure effondrée) et de 540 m³ (MG11) (toit projeté) détruits, toitures de 3 réservoirs (J5, 6 et 7) de 115 m³ éventrées. L’usine traitera 2 000 m³ d’eaux incendie. La conformité de l’installation à l’instruction du 9/11/89 (réseau incendie, canons à eau/mousse fixes, réserve d’émulseurs…) a permis une réaction rapide du personnel et un exercice POI en juin sur un scénario semblable au sinistre a favorisé l’intervention. Quelques éléments défavorables sont relevés : parc à alcool non isolé, présence de bacs non dégazés, démarrage manuelle des installations fixes, pas de déversoirs à mousse, …

De l’expertise effectuée, il ressort que l’explosion du bac est due à l’inflammation d’une atmosphère explosive (ATEX) constituée de vapeurs d’alcool et d’air. L’inflammation a été provoquée par la réaction fortement exothermique entre un excédent d’oxydant, le permanganate de potassium, et une solution aqueuse d’éthanol à 96 %. Ce mélange permanganate / alcool utilisé depuis la création des stockages en 1980 n’avait jamais donné lieu à un accident.

Lors de la reconstruction du stockage, l’exploitant devra mettre en place les améliorations suivantes : mise en place d’un écran de brumisation entre les deux cuvettes de rétention, réalisation d’une détection incendie couplée au déclenchement des couronnes d’arrosage et du système de brumisation avec report d’alarme au poste de garde, mise en place de détecteurs d’alcool et de fuel avec report des seuils d’alarme en salle de contrôle, reconstruction des bacs avec des toits éventables, suppression du permanganate solide et remplacement par du permanganate liquide dilué après validation du procédé, mise en place de déversoirs à mousse sur chaque cuvette de rétention et enfin, inertage des réservoirs à l’azote.

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