Pollution
Humain
Environnement
Economique

Vers 23h30, une forte odeur d’hydrocarbures est signalée par les riverains d’un dépôt pétrolier situé en bord de Seine alors que vient de s’achever une livraison par pipeline de 2 640 m³ d’essence sans plomb. Sur place à 0 h, les pompiers interrompent les trafics ferroviaire et fluvial au voisinage du dépôt mais ne peuvent y pénétrer, le responsable local de la société exploitante ayant refusé l’aide des secours extérieurs.
A l’arrivée du directeur de cabinet de la préfecture vers 3 h, ils sont enfin autorisés à intervenir et constatent le débordement d’un bac d’essence. La cuvette de rétention associée, qui a recueilli plusieurs m³ d’essence collectés est recouverte d’un tapis de mousse. Cette opération est rendue difficile par un débit et une pression insuffisante sur le réseau de pré-mélange ainsi que la mise hors service d’une partie du réseau de protection incendie suite à la rupture d’une vanne.
Bien qu’aucune conséquence grave ne se soit produite, l’accident a généré un risque important en cas d’inflammation.
L’inspection des installations classées constate que :
– le bac qui a débordé n’était pas alimenté directement, mais par le biais de plusieurs bacs situés à une altitude supérieure qui étaient remplis par le pipeline au delà de leurs limites “haute” et “très haute”, les niveaux s’égalisant ensuite gravitairement;
– pour ce faire, les alarmes de niveaux haut et très haut ont été shuntées. De ce fait, le site se trouvait privé d’une ligne de défense, la retransmission des signaux permettant à la société gestionnaire du pipeline d’interrompre sa livraison sur détection d’un signal d’alarme n’étant plus assurée ;
– à la suite d’une modification du réseau électrique interne au dépôt, effectuée plusieurs mois auparavant, l’exploitant n’a pas réussi à démarrer ses pompes incendies à partir de l’alimentation de secours (groupe électrogène) ;
– le réseau d’incendie n’était pas totalement fonctionnel : en raison d’une fuite sur un piquage, l’exploitant avait obturé une partie de son réseau de pré-mélange, d’où les difficultés rencontrées par les pompiers pendant la nuit ;
– l’organisation de la sécurité sur site était défaillante, ce qui a conduit l’exploitant à ne pas connaître les déficiences de son propre dépôt.
Un arrêté préfectoral impose des mesures d’urgence : l’arrêt de l’alimentation par pipeline du dépôt dans l’attente de la remise en service et du contrôle des sondes de niveau des réservoirs et la production d’un rapport d’accident. L’exploitant est mis en demeure de restaurer la pleine capacité de son réseau incendie sous 24 heures.
Le retour d’expérience n’a pas été pris en compte par l’exploitant qui avant connu au moins 6 incidents sur des dépôts au cours des 8 années précédentes.

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